Deux ans après sa fondation, Impact Jeunes fait le bilan de son programme tourné vers la jeunesse. Avec pour objectif de permettre aux jeunes de quartiers prioritaires de trouver leurs voies, aujourd’hui le programme a contribué à l’accompagnement de 800 jeunes vers le monde du travail.

Depuis mars 2017, le programme Impact Jeunes est opérationnel dans trois quartiers prioritaires des Bouches-du-Rhône : Parc Bellevue – Saint-Mauront (3e arrondissement), Les Lauriers – Les Oliviers (13e) et à Tarascon. La démarche innovante, portée par les Apprentis d’Auteuil, déploie une nouvelle méthodologie d’implantation qui consiste à aller vers les jeunes, bloc par bloc, travailler avec les acteurs locaux et avec les entreprises pour trouver à la fois une solution globale et sur-mesure à chaque situation.

Porté par diverses associations et entreprises, Impact Jeunes se montre comme le fil rouge des jeunes vers l’emploi. “Son programme est une alliance inédite entre des acteurs publics, dont les collectivités locales, et des acteurs privés, qui se réunissent pour aider les jeunes. Pour faire la différence, il faut concentrer nos moyens et nos efforts sur un périmètre restreint et une approche très qualitative. C’est pourquoi nous nous sommes exclusivement focalisés sur ces trois zones afin d’obtenir des résultats visibles.” explique Nathalie Gatellier, responsable du programme.

Un programme ayant fait ses preuves

Depuis son lancement opérationnel il y a deux ans, 800 jeunes ont été accompagnés par le programme dont 200 ayant trouvé un emploi et près de 200 également ayant obtenu une formation. Près de 35 projets ont été financés et co-construits avec les associations et des entreprises du territoire. Ainsi, une étude de l’ANSA compte 600 000 euros d’économie pour la société grâce au raccrochage professionnel de 127 jeunes sans emploi, ni en études, ni en formation professionnelle.

Aujourd’hui, nous avons 100 entreprises engagées avec nous pour la réussite professionnelle des jeunes. Pour 2020, nous visons le double, déclare Nathalie Gatellier. C’est indispensable et c’est ce qui fera la différence.” Pour l’occasion, les Apprentis d’Auteuil organise une soirée au Mucem le 25 juin de 18h30 à 23h afin de présenter son programme aux entrepreneurs et financiers. Environ 150 jeunes seront présents et une centaine de chefs d’entreprise ou salariés d’entreprises y seront conviés.

“Le booster nous montre qu’on a toutes les cartes en main”

Sous le cadre d’Impact Jeunes, le fil rouge qui lie les jeunes et les entreprises est un “booster”. Il désigne une personne qui “emmène progressivement chaque jeune du quartier vers l’emploi qu’il soit bac -5 ou bac +5, qu’il n’ait pas confiance en lui ou qu’il soit hyper motivé” explique la responsable d’Impact Jeunes. “Un booster doit parler trois langues : celle de l’entreprise, celle des jeunes et celle de la famille. Il doit aussi travailler avec les acteurs du territoire. Sa mission concrète c’est d’aller au pied de l’immeuble et rencontrer le jeune et sa famille chez eux pour créer une relation de confiance” ajoute Julie Landon, “booster” du quartier des Lauriers.

D’après les jeunes concernés, un “booster” est bien plus qu’un fil conducteur entre le monde professionnel et les jeunes. En effet, Haikle, un habitant de 27 ans du quartier Félix Pyat explique que “les boosters nous donnent les informations qu’on ne reçoit pas dans les cités. Ensuite ils nous offrent des opportunités, ils nous ouvrent des portes“. “Grâce au booster, on se remet en question. Il nous montre qu’on a toutes les cartes en main. On nous dit enfin qu’on a des possibilités” ajoute Eli, habitant de 20 ans du quartier de Félix Pyat.

Ce n’est pas une approche professionnelle comme on a l’habitude de voir, c’est plus une approche personnelle. Un booster c’est un ami ou un membre de la famille. C’est ce qui m’a convaincu à trouver du travail, et grâce à mon booster, j’en ai obtenu au bout de deux mois et aujourd’hui je suis satisfait” raconte Haikle. Selon lui, “cette aventure humaine” devrait être accessible à tous les jeunes de quartiers prioritaires pour qu’eux aussi puissent se rendre compte que des solutions existent.

, Impact Jeunes, le programme qui booste les jeunes des quartiers prioritaires, Made in Marseille
Le “booster” Julie Landon explique ses missions quotidiennes dans son quartier. © Laurent Weil

La mission réussie de ces boosters enthousiasmait Danièle Brunet, conseillère départementale en charge de la jeunesse, qui révélait “lancer un appel pour que le métier de booster devienne un métier à part entière“. Un avis partagé par l’entrepreneur marseillais Christophe Baralotto qui nous confie vouloir dire aux entrepreneurs “comme le font les boosters, faites le premier pas ! Les demandes et les besoins sont là, donc il faut profiter de ces opportunités car même si on ne sait pas ce qu’on va trouver, on peut être sûr de trouver un profil intéressant“.


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