Au stade Jean Bouin, la solidarité battait son plein lors de la 9ème édition du festival Solisport, où enfants valides et handicapés participaient ensemble à une olympiade sportive.

Le Point Sud, l’association du Groupe SOS Jeunesse développant des pratiques sportives telles que le rugby à 13 et la randonnée pédestre pour les enfants, a organisé le festival du sport solidaire “Solisport” mardi 21 mai au stade Jean Bouin. De 10h à 16h, des petits champions ont fait preuve de solidarité dans un esprit de convivialité et de partage.

Les jeunes présents, de 3 à 14 ans, marseillais et ciotadens, porteurs ou non d’handicap, étaient issus de collèges, d’Institut Médicaux Educatifs (IME) et d’écoles élémentaires. Dans le cadre de l’évènement, une constitution de partenariats entre les jeunes des établissements scolaires (dont 250 écoliers marseillais) et ceux des IME a eu lieu afin de créer cette journée exemplaire. Des rencontres sportives préparatoires ont eu lieu très régulièrement pendant l’année scolaire, permettant de former en amont des équipes mixtes, d’apprendre l’entraide et le respect de la différence.

De ce fait, le festival représentait “l’aboutissement, un évènement qui clôture toute une phase où ils se sont rencontrés” explique Marie Riondel, chargée de communication du Groupe SOS. Point Sud souhaite ainsi “inciter les élèves et leurs enseignants à comprendre l’importance de donner du sens à l’engagement commun” ajoute-t-elle.

, Solisport, le festival du sport solidaire à Marseille, Made in Marseille
Lancer : un élève doit lancer un bâton le plus loin possible, courir le récupérer et revenir sur la ligne de départ

Diverses activités étaient proposées : le relais, le parachute, le lancer, une petite course d’obstacle, le flag rugby ainsi que le cécifoot. Les deux derniers sports cités ont été les plus appréciés selon les retours des éducateurs et des élèves. En effet, en ce qui concerne le cécifoot, « on s’est mis dans la peau d’une personne aveugle. C’était très difficile mais c’était amusant parce qu’il fallait que l’autre nous guide » nous racontait Selma, 14 ans et élève du collège Elsa Triolet. Au sujet du flag rugby, un éducateur de l’association Point Sud nous expliquait que l’initiative d’aider « part de gestes très simples. Par exemple, pour le flag rugby, ils doivent mettre des ceintures. Alors on demande aux élèves valides d’aider ceux qui ont des difficultés à boucler les leurs. Ça démarre de là ».

Le sport, c’est pour tout le monde !

C’est bien connu : la vérité sort de la bouche des enfants ! Ils nous ont confié leurs opinions sur les différences et ressemblances qu’ils ont observé, après leur partie de rugby. Manny, 10 ans, soulignait qu’ « on peut faire du rugby avec tout le monde, peu importe [avec qui], […]. S’il y a quelqu’un qui est différent de toi, il faut jouer avec lui [et] l’aider à s’intégrer ». « On est tous pareils, on est des humains, il n’y a pas de différences entre nous » complétait Samy, 10 ans. Tous les trois, élèves de CM2 à l’école primaire Parc Dromel, nous ont affirmé vouloir renouveler l’expérience.

Leurs cadettes s’étaient également confiées à nous, après leur épreuve de cécifoot. « Nous sommes venues aider les enfants handicapés pour qu’ils apprennent à faire du sport et qu’ils s’amusent avec nous. C’est important qu’on joue tous ensemble, sinon ils vont rester seuls et ils ne vont pas avoir d’amis » déclarait Sarah, 7 ans. « Ils en sont capables, il faut juste les aider un peu » renchérissait Julia, 8 ans. Même après plusieurs rencontres entre les élèves valides et ceux de l’IME, « ça m’émeut de les accompagner et jouer avec eux. Je n’ai jamais joué avec des personnes handicapées et le fait de les voir s’amuser avec nous, ça m’a touché » nous livrait Selma, collégienne de 14 ans.

D’autant qu’avant cette journée, certains des enfants valides appréhendaient un peu la rencontre et se posaient de nombreuses questions telles que « Qu’est-ce qu’on peut faire pour les aider ? Pourquoi ils ont eu ça ? Est-ce que ça fait mal ? Est-ce que je peux être aussi handicapé ? » nous confiait Sylvaine Jannez, déléguée départementale de l’USEP 13. « Avant de les rencontrer, ils disaient qu’ils avaient peur car ils ne savaient pas ce que c’était, ils s’inquiétaient, […], ils ne savaient pas trop comment leur parler, s’ils pouvaient faire les mêmes choses avec eux ou pas » complétait Fanchon Feuillette, institutrice à l’école primaire Parc Dromel.

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Course d’obstacle : un enfant valide aide un enfant handicapé à l’aide d’un bâton

Un message à faire passer

A travers cet évènement, les valeurs du sport n’étaient pas les seuls principes à transmettre aux enfants. « Il y a la citoyenneté, l’inclusion, la santé, le vivre ensemble, la laïcité, l’égalité fille/garçon. On organise des débats avec eux sur des questions de fond, qu’est-ce que c’est que le handicap, comment on peut intégrer des personnes en handicap » expliquait Sylvaine Jannez.

Bien que leurs capacités ne soient pas les mêmes, l’échange doit être présent. C’est ce que l’ensemble des éducateurs sportifs et enseignants souhaitaient transmettre. Autre que le dépassement de soi, c’est le dépassement des idées reçues qui est visé au sein de ce support d’activité qui est le sport. « L’objectif est l’ouverture d’esprit, apporter un nouveau regard sur ce public-là (les élèves handicapés Ndlr), il n’y a pas de barrières en fait. Les seules barrières qu’ils ont, ce sont leurs préjugés et leurs aprioris » souligne un éducateur sportif pour l’association sportif Point Sud. Cette idée de ”sans frontières” était partagée par les parents d’élèves sur place, notamment Kenza qui « pense que les enfants handicapés oublient qu’ils ont un handicap » lorsqu’ils jouent et sont accompagnés par d’autres élèves, nous confiait-t-elle.

Comment transmettre ce message de non-exclusion ?

« On parle beaucoup de la notion d’entraide » expliquait Zaïnaba, éducatrice dans une IME. « On leur dit qu’il faut s’entraider, accompagner l’autre, accepter les difficultés de l’autre. Le message est de favoriser l’entraide, quand on voit une personne en difficulté, il faut l’accompagner peu importe comment elle est. Je pense qu’on peut dire que « l’entraide » est le maître-mot de cet évènement » ajoutait-t-elle. Fanchon Feuillette nous expliquait davantage le processus d’apprentissage que recevait les élèves valides : « On leur a dit qu’il va falloir les aider, mais que ça reste des enfants comme les autres. Une fois qu’ils étaient tous ensemble, le courant est passé tout de suite ».

« Cet évènement reste dans l’état d’esprit du groupe SOS, de l’association Point Sud qui nous représente, les partenaires USEP 13 et députés départementaux d’athlétisme et des sports adaptés. L’idée c’était de travailler sur un support d’activité sportive qui puisse réunir les gens et des enfants quelles que soient leurs origines, leurs difficultés, ou leurs déficiences et de partager ce moment-là ensemble. L’activité sportive c’est le support qui correspond le plus à un partage de moments conviviaux, en commun. Il n’y a pas de pression liée à un apprentissage. Il se fait de manière naturelle au niveau de l’échange, la solidarité, des comportements… on est sur un support d’activité à la fois sport collectif et sport individuel mais toujours dans la coopération » déclare Eric Dravet, directeur de l’association Point Sud.

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Parachute : les élèves doivent soulever le parachute puis se couvrir avec celui-ci et discuter

L’après-midi s’est passé dans le même esprit que la matinée : convivialité, partage et enthousiasme. « Le message à faire passer est que tous les enfants sont les mêmes. Tous les enfants peuvent tout faire ! » s’exclame joyeusement l’institutrice à l’école primaire Parc Dromel.

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