L’association Pain et Partage nous a ouvert les portes d’une de ses boulangeries solidaires dans les quartiers Nord de Marseille. On a même mis la main à la pâte.

Pain et Partage, c’est en quelque sorte une manière de faire du pain qui permet de sortir du pétrin. Véritable vecteur d’insertion professionnelle, l’association lancée au milieu des années 1990 à Marseille, permet à des personnes en recherche d’emploi d’apprendre le métier de boulanger. La structure chapeautée par le réseau Bou’Sol (boulangeries solidaires) travaille en étroite collaboration avec les organismes de demandeurs d’emploi. Elle propose ainsi des contrats de formation de 24 mois qui permettent l’accès à l’emploi à environ 80 personnes à la fois dans les 5 boulangeries de Pain et Partage, dont 40 sur le territoire marseillais. Chaque jour, plus de 2000 pains “solidaires” sont ainsi fabriqués dans les quartiers Nord de Marseille.

Dans son atelier de production du 15e arrondissement de Marseille, la passion de Geoffroy, boulanger de formation, est contagieuse. C’est avec un plaisir non dissimulé qu’il nous a enseigné la recette des petits pains aux céréales. Entre pétrins XXL, sacs de farine et autres fours à vapeur, il transmet son savoir-faire à Ibrahim, la nouvelle recrue de la boulangerie. Arrivé en France il y a trois ans, Ibrahim a été mis en relation avec l’association par sa conseillère Pôle Emploi. « A mon arrivée, je ne savais rien sur la boulangerie, j’ai appris beaucoup de choses ici. Ce n’est pas mon métier initial, dans mon pays, en Afghanistan, j’étais commercial dans le business du tapis », confie-t-il. Cette reconversion ne manque de saveur et peut compter sur une transmission du savoir-faire, qui donne à l’association tout son sens.

, Pain et Partage, le réseau marseillais des boulangeries bio et solidaires, Made in Marseille
Geoffroy, boulanger de formation, partage son savoir faire avec la nouvelle recrue, Ibrahim. © S.F.

La recette du succès

Faire du bon pain, ce n’est pas qu’une question de coup de main, il faut aussi disposer de bons ingrédients. Associée depuis ses débuts au Moulin Pichard (meunier des Alpes-de-Haute-Provence) , l’association propose une production entièrement locale, bio, en circuit-court, avec un suivi « du grain de blé jusqu’au pain livré aux consommateurs », explique Samuel Mougin, co-fondateur. Les pains sont produits sans gluten ajouté et sans additif afin d’obtenir le produit le plus naturel et sain possible : « Le bio n’aurait aucun sens s’il n’était pas social, local et sans prise en compte de la dimension santé et nutrition », ajoute-t-il.

Un fonctionnement et des résultats qui ont permis à Pain et Partage d’intégrer démarche à l’opération « Manger autrement au collège », menée par le Département des Bouches-du-Rhône. « On livre des collèges, mais au-delà de la livraison, on tisse d’autres liens. Pour l’année scolaire à venir, on va assurer des actions pédagogiques au sein des établissements », s’enthousiasme Samuel Mougin. 

Un concept qui fait des petits… pains ailleurs

A travers ce partenariat, l’association souhaite faire découvrir le pain autrement aux collégiens de 5e et ouvrir les horizons aux élèves de 3e à la profession de boulanger. « La boulangerie a longtemps été considérée comme une voie de garage, mais c’est véritablement un métier passion », déclare Geoffroy, boulanger depuis ses 16 ans.

Prochaine étape, recruter plus de femmes dans les postes de production et obtenir le label « Bleu blanc cœur » qui vise à promouvoir l’agriculture à vocation “santé”. Depuis peu, le concept s’est exporté dans d’autres régions. Des boulangeries Pain et Partage ont ainsi vu le jour à Montpellier, Calais et Bordeaux. Pain et Partage veut continuer de semer des graines pour s’imposer  notamment à Paris et Toulouse.

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