L’association Règles Élémentaires collecte en ce moment à Marseille des produits d’hygiène à destination des femmes sans-abri et mal-logées. Un sujet tabou, que sa représentante locale, Marion Breelle, veut mettre dans la lumière. Plusieurs boites à dons sont disposées dans des parkings de la ville.

L’association « Règles Elémentaires » organise en ce moment à Marseille plusieurs collectes de produits d’hygiène à destination des femmes qui sont en situation de précarité, qui vivent dans la rue ou centres sociaux ou bien qui n’ont pas assez de revenus pour s’acheter des produits d’hygiène. Fondé il y a 3 ans, c’est lors d’un échange au Royaume-Uni que Tara Heuzé, une jeune étudiante française s’est rendue compte que le problème des règles chez les femmes SDF n’était plus pris en compte qu’en France et lors de son retour à Paris, elle décide de fonder l’association.

« Il y a un réel problème, lors des collectes pour la banque alimentaire on retrouve davantage de denrées alimentaires comme les boites de conserves et les pâtes mais également des produits pour bébés.  Mais, on ne trouve jamais de protections et produits d’hygiène », nous explique Marion Breelle, représentante de « Règles Elémentaires » à Marseille. Il y a une précarité sur ce sujet qui touche les personnes dans la rue mais pas que, les autres populations comme les migrantes et les étudiantes sont concernées.

Des initiatives mises en place pour palier le problème 

L’association organise des points de collecte partout dans le pays. Ces collectes sont souvent organisées dans des parkings. « Les parkings sont des endroits où les personnes pauvres se réfugient c’est pour cela qu’à Marseille les parkings Indigo ont mis à disposition des boites à dons », déclare la jeune femme. Les plus généreux peuvent y glisser une boite une tampons ou de serviettes hygiéniques dans les parkings de République, Bourse, Castellane ou encore des Terrasses du Port. 

Serviettes hygiéniques, tampons, coupes et culottes menstruelles ainsi que produits pour l’hygiène féminine sont acceptés mais les bénévoles de l’association préfèrent récupérer des produits jetables car la plupart de ces femmes n’ont pas accès à un point d’eau pour nettoyer leur protection. L’association recommande aux donateurs, souvent des donatrices, de déposer plutôt des paquets de serviettes dans les collectes car de nombreuses femmes qui se retrouvent dans la rue sont victimes de violences sexuelles.

Les difficultés d’être une femme dans la rue 

Les produits d’hygiène sont taxés comme des produits de luxe. En France, il y a un réel tabou autour des règles et de l’hygiène féminine et les femmes SDF n’ont pas les moyens de se protéger convenablement. Elles utilisent différents moyens pour se protéger durant leur période de règles. Vieux vêtements, chiffons, papier toilette, essuie-tout ou encore journaux, qui peuvent engendrer des infections et maladies. « Ces femmes n’ont pas accès à des points d’eau, elles ne peuvent pas se doucher pendant leurs règles et leurs sous-vêtements sont sales, cela entraine des IST (infection sexuellement transmissible) qui ne sont pas causées par des rapports sexuels mais par une mauvaise hygiène », nous précise Marion.

« C’est une cause pour laquelle je milite activement et j’estime que c’est normal que les femmes aient accès à des protections hygiéniques gratuites dans les lieux publics. Les centres commerciaux, les bars et restaurants devraient mettre à disposition dans les toilettes des paniers où l’on peut retrouver des serviettes et tampons », conclut la responsable de l’antenne marseillaise.

La collecte de produits se terminera fin janvier. 

 

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