Jeudi 21 juillet 2016 à 10h30, la Tour B des Cyprès (13e arrondissement) a été démolie par la méthode dite de « foudroyage ». Une opération qui s’inscrit dans le projet de rénovation urbaine du Vallon de Malpassé qui a pour but de désenclaver le quartier et d’améliorer le quotidien de ses habitants.

Cela n’aura duré que quelques secondes. Jeudi 21 juillet 2016 un peu avant 10h30 du matin, la Tour B de la Cité des Cyprès s’est effondrée sur elle-même, 10 ans après la décision officielle de sa démolition. Car depuis les années 2000, le Vallon de Malpassé (13ème arrondissement) fait partie du projet de rénovation urbaine qui a pour but de renouveler les grands ensembles d’habitat social de France. À Marseille, 17 quartiers sont ainsi concernés.

malpassé, La rénovation de la Cité Malpassé continue sa route après la démolition d’une de ses tours, Made in Marseille
© Agathe Perrier

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Le foudroyage comme méthode choisie

Contrairement à la démolition par grignotage du bâtiment G de la Castellane où a grandi Zizou et qui a eu lieu en mai dernier, la tour B des Cyprès a elle été « foudroyée ». En d’autres termes, elle a été dynamitée. Une méthode choisie non pas par préférence mais par obligation. « Les bras articulés qui permettent la démolition par grignotage ne s’élèvent que jusqu’à 68 mètres de haut. Or la tour des Cyprès mesure 162 mètres. Le foudroyage présente en plus de meilleures conditions de sécurité et permet de réduire les nuisances de longs travaux », explique Patrick Padovani, Président du bailleur social Habitat Marseille Provence.

Avant d’arriver à la démolition, le bâtiment a été entièrement désamianté puis « curé ». Tous les matériaux non minéraux comme les portes ou les fenêtres par exemple ont été enlevés de sorte à ce que les gravats restant – évalués tout de même à 16 500 tonnes – puissent être récupérés et réutilisés pour d’autres chantiers. En somme être recyclés. Le bâtiment a ensuite été allégé de certaines parties porteuses pour qu’il reste bien droit pendant la chute.

Les quelques jours avant le foudroyage, les explosifs ont été installés dans la tour mais pas seulement. Des grillages ont été installés autour du bâtiment pour éviter d’éventuelles projections pendant l’explosion. Les bâtiments situés à proximités ont aussi été couverts de bâches tissées, censées d’après les dires pouvoir arrêter une balle de 9 millimètres tirée à 50 mètres de distance, pour éviter les dégâts liées à des projections. Des piscines ont également été mises en place autour de la tour et dynamitées en même temps pour atténuer les poussières générées par l’explosion.

Un nouvel espace construit avec les habitants

La tour B des Cyprès a été mise en location en 1968. Haute de 62 mètres pour 20 étages, elle abritait à l’origine 115 familles qui sont progressivement parties suite à la décision de démolition. Certaines spontanément, d’autres ont été relogées dans le quartier ou ailleurs et d’autres encore de façon temporaire pour, à la fin de l’année 2016, retourner dans les logements nouvellement construits de Malpassé.

En lieu et place de l’ancienne tour, ce ne sont pas des logements qui sont au programme mais une voie de circulation pour raccorder le boulevard Lavéran au Vallon de Malpassé par une rue nouvelle provisoirement dénommée « Montée des Lauriers ». Cette nouvelle voie sera bordée d’une place publique reliée à l’école Bouge, à la future crèche des Oliviers qui sera reconstruite ainsi qu’à un cheminement piétonnier.

Pour le reste, une concertation va être lancée en septembre prochain pour préciser les différentes possibilités d’aménagement de l’espace libéré. Le tout en associant les habitants du quartier, comme l’a affirmé Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports qui s’est déplacé à Marseille pour assister à la démolition. « Il n’y aura pas de rénovation urbaine sans que des maisons du projet soient créées pour que l’avenir soit bâti avec les habitants. On va améliorer leur quotidien », a-t-il promis.

Les aménagements seront réalisés au deuxième semestre 2017 en même temps que la construction de la nouvelle crèche. Ils permettront notamment d’offrir à l’école un parvis où les parents pourront attendre leurs enfants afin d’avoir au cœur de la Cité un lieu de détente et de rencontre.

Désenclaver le Vallon de Malpassé

Construite entre 1961 et 1973, la ZUS Malpassé fait partie des projets de constructions engagés rapidement à Marseille après la guerre. Car à l’époque, le besoin de logements était important. Les arrondissements en périphérie de l’hyper-centre qui disposaient de grands espaces ont ainsi été urbanisés rapidement et en nombre. Sont ainsi nées les cités que l’on connaît aujourd’hui comme les Cèdres, les Lauriers, les Oliviers ou encore les Cyprès. « Au début c’était beau et les gens étaient contents, mais ensuite ça s’est abîmé », reconnaît Jean-Claude Gaudin, le Maire de Marseille.

Depuis une quinzaine d’années, ces quartiers ne répondent plus à la dynamique de cité quartier. Pourtant, pour le cas de Malpassé par exemple, la cité est un réel espace stratégique de par sa situation géographique, à proximité des grands axes routiers comme la L2, du centre-ville via le métro et de grands équipements tels que l’hôpital militaire Lavéran.

De façon générale, le projet de rénovation urbaine de Malpassé a pour objectif de créer de nouveaux axes et voies pour désenclaver le vallon et le connecter aux pôles d’attractivité voisins. Faire évoluer les conditions de logement et l’urbanisme du quartier fait aussi partie des priorités : 567 démolitions ont été ou vont être réalisées, des logements reconstruits et de nouveaux services accueillis comme le centre social arrivé par exemple en 2008.

Le coût total des opérations s’élève à 188 millions d’euros à Malpassé financé pour moitié par Habitat Marseille Provence. Le reste se réparti entre l’Agence nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU), la Ville de Marseille, la Région, le Département et la Métropole.

malpassé, La rénovation de la Cité Malpassé continue sa route après la démolition d’une de ses tours, Made in Marseille
Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports (au micro) et Jean-Claude Gaudin, Maire de Marseille, ont notamment assisté à la démolition © Agathe Perrier

Par Agathe Perrier

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