Natascha Duverdier élève des chèvres du Rove depuis 13 ans à Boucabelle, sa bergerie aux Baux-de-Provence dans les Alpilles.

« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu avoir des chèvres ». À Boucabelle, son petit coin de paradis entre vignes et oliveraies aux abords du village médiéval des Baux-de-Provence, Natascha Duverdier s’occupe des derniers-nés de ses chèvres du Rove (race originaire des Bouches-du-Rhône), entre deux balades pédagogiques qu’elle propose aux visiteurs avec l’office de tourisme.

Seule bergère en activité sur cette commune à la longue tradition pastorale, elle mène aujourd’hui un troupeau de 60 caprins. À cette époque de l’année, la bergerie a des airs de jardin d’enfants : ses bêtes ont mis bas à environ 80 cabris au mois de mars. Natascha ira bientôt faire paître une cinquantaine d’entre eux avec leurs mères dans les collines de la vallée des Baux.

Un caractère bien trempé

Dans une autre vie, Natascha Duverdier était conseillère agricole. Bien que sa famille ne vienne pas d’un milieu paysan, elle a toujours été fascinée par les « Rove », avec leurs longues cornes torsadées et leur caractère bien trempé. Il y a treize ans, suite à une rencontre avec un éleveur, elle réalise son rêve en acquérant un terrain pour élever ses ovins. Aujourd’hui, Natascha est très attachée à ses « copines » Pimpon, Pistache, Passe-Partout ou encore Chaussette.

Les chèvres du Rove ont un tempérament bien à elles : facétieuses, indépendantes… chacune a sa personnalité. « J’ai à peu près le même comportement, plaisante Natascha. Je ne supporte pas de rester enfermée, il faut que je crapahute, et je suis passionnée par la végétation méditerranéenne. Je me verrais bien réincarnée en chèvre du Rove ! »

Les spécimens de cette espèce emblématique de la région mènent de belles et longues vies à arpenter les paysages des Alpilles. Certains animaux peuvent atteindre les 11 ou 12 ans de carrière avant de prendre leur « retraite ».

chevres du rove, Baux-de-Provence : La bergère Natascha Duverdier, pour l’amour des chèvres du Rove, Made in Marseille
Photo : Olivia Chaber

La brousse du Rove, un fromage au parfum de garrigue

Très frugales, les chèvres du Rove arrivent à produire du lait en ne mangeant « presque rien ». La végétation méditerranéenne, assez éparse en début de saison, leur suffit : l’été, elles se nourrissent de chêne kermès, de chêne vert et d’argelas. Les herbes aromatiques comme le thym ne leur plaisent pas, « à part le romarin, l’hiver, quand il est en fleur ». Toutes ces herbes donnent un goût unique à leur fromage.

Quelques semaines après la naissance des chevreaux, Natascha commencera la traite à la mi-mai et jusqu’à début novembre. Ses chèvres lui donnent 40 litres de lait par jour, qu’elle transforme en brousse du Rove AOC, ce fromage doux et léger qui a rendu la race célèbre, mais aussi en sablés et en tome plus tard dans la saison. Elle valorise également la viande de ses chevreaux.

Tous les produits de Natascha Duverdier bénéficient de la marque Valeurs Parc naturel régional des Alpilles. Elle vend ses fromage sur place directement à la ferme Boucabelle, tous les samedis matin de fin mai à novembre, à des restaurateurs locaux ainsi qu’à la Cave aux Fromages de Saint-Rémy-de-Provence et à la Fromagerie Arlésienne.

chevres du rove, Baux-de-Provence : La bergère Natascha Duverdier, pour l’amour des chèvres du Rove, Made in Marseille
Les chèvres de Boucabelle en promenade dans la vallée des Baux. Photos : Office de tourisme des Baux-de-Provence
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