La champignonnière de Marseille a déménagé en septembre dans le quinzième arrondissement pour doubler sa capacité de production. Mais le projet d’agriculture urbaine cherche encore à s’agrandir et à se pérenniser en prospectant les sous-sols de Marseille, des parkings de HLM aux tunnels du fort d’Entrecasteaux.

Ça pousse encore et toujours. Il y a trois ans, après avoir germé dans le centre-ville, l’association Les Champignons de Marseille s’installait dans les caves du lycée agricole des Calanques (8e). Elle y cultivait une production locale sur du marc de café recyclé, récupéré dans les restaurants. Puis ce projet d’agriculture urbaine en circuit court a continué sa croissance en faisant pousser ses pleurotes sur de la paille de riz bio recyclée grâce à une solution portée par d’autres innovateurs marseillais : Mycoconcept.

Depuis, chaque semaine, l’association récolte quelques 100 kilos de pleurotes et 50 kilos de shiitaké (champignons asiatiques) vendus dans les épiceries paysannes et certaines grandes surfaces de Marseille. La réussite du concept fait parler d’elle dans tout l’Hexagone. France 2 lui consacrera un sujet dans Télématin ce samedi à 8h20 avec le journaliste Loïc Ballet.

En pleine croissance, la structure a récemment passé un nouveau cap en s’installant dans un espace deux fois plus vaste : 500 m² de sous-sols de l’épicerie solidaire de l’Acadel, rue de Lyon. Une véritable avancée car « ici, il y aura une conserverie pour transformer et stocker les invendus, en pot ou en tapenade » explique le co-fondateur Nicolas d’Azémar. Mais ce nouvel espace ne répond toujours pas à la croissance rapide des Champignons de Marseille.

Des tunnels d’Entrecasteaux aux sous-sols de HLM

« On cherche à s’agrandir encore et il n’y a pas la place suffisante. D’autant que notre bail est précaire, c’est un an renouvelable. C’est dur de se projeter et de bénéficier d’aides dans une situation instable. On veut pérenniser notre activité », alors que la production a déjà déménagé trois fois ces dernières années.

Il cherche donc « le site idéal » dans la ville, des sous-sols de 500 à 1 000 m². « Il y a beaucoup d’espaces inutilisés en souterrain », assure-t-il. Comme les immenses tunnels militaires abandonnés sous le fort d’Entrecasteaux que nous vous amenions découvrir en vidéo. Au-dessus, le site historique est rénové par ActaVista sous la houlette du groupe SOS Culture en vue de son ouverture au public. Mais les galeries sont très compliquées à sécuriser pour les ouvrir aux visites, c’est pourquoi « nous nous sommes positionnés pour proposer d’y faire pousser nos champignons. Nous verrons si ça aboutit, car il y a des travaux conséquents à réaliser ».

Mais ce n’est pas la seule piste pour Nicolas, qui prospecte également auprès de bailleurs sociaux pour investir les caves ou « les parkings de grands ensembles. Nous avons ouvert un dialogue avec 13 Habitat et la Métropole Aix-Marseille-Provence. L’idée les intéresse ».

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Un dernier pas avant une production zéro déchet

L’homme de 52 ans, passionné par ce travail est plein d’idées pour la suite. Avec l’utilisation de la paille écologique, il aimerait se fédérer avec des producteurs de Camargue pour récupérer la paille de riz locale. Celle-ci serait transformée en substrat pour les champignons. Selon lui, les riziculteurs sont réceptifs à cette solution pour valoriser ces déchets agricoles.

Il reste un point noir au tableau écoresponsable des Champignons de Marseille : pour l’instant, il n’y a pas d’alternative à l’emballage plastique nécessaire à la production de pleurotes. Car lorsque cette enveloppe est biodégradable, les champignons les dévorent lors de leur fructification. Il travaille sur cette question et espère trouver une solution pour éradiquer cette dernière source de déchets.

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Transmettre le bon goût durable

« Je fais découvrir ce plaisir de cultiver la terre aux enfants lors d’ateliers pédagogiques. ». Nicolas intervient en effet dans des écoles où les enfants apprennent à créer leur propre substrat en mélangeant de la paille, des copeaux de bois, du marc de café et du mycélium. « C’est important pour moi de sensibiliser et de faire découvrir aux jeunes quelque chose d’intelligent, quelque chose qui a du sens ».

Car au-delà de développer une agriculture urbaine responsable, il s’agit aussi d’en transmettre le goût. D’ailleurs, côté papilles, il y va de son petit conseil pour une première dégustation de shitakés. « Il faut faire simple. Une cuisson à la poêle avec du sel et du poivre, sans ail pour garder au maximum le goût du champignon. C’est délicieux ! », affirme Nicolas, sourire aux lèvres.

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