Pollution du Port – Un député marseillais veut généraliser le Gaz Naturel d’ici 10 ans

Quelles solutions pour diminuer la pollution des bateaux du port de Marseille-Fos ?
La pollution du transport maritime préoccupe de plus en plus à Marseille. Saïd Ahamada, député LREM des quartiers nord ambitionne de généraliser d’ici 10 ans l’utilisation du Gaz Naturel Liquéfié dans le port de la cité phocéenne, au lieu du fioul actuel très polluant. À plus long terme, l’hydrogène devrait être la solution d’un transport maritime non-polluant.

Une réunion en toute discrétion ce vendredi 9 janvier au siège de la compagnie mondiale de transport maritime CMA CGM à Marseille. Son président fondateur Jacques Saadé recevait le délégué général de La République en Marche Christophe Castaner et le député LREM de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône Saïd Ahamada.

Si rien n’a filtré pour l’instant des discussions, la volonté est de soutenir la compagnie dans ses investissements concernant l’achat de navires fonctionnant au Gaz Naturel Liquéfié afin de diminuer la pollution conséquente liée au transport maritime, notamment à Marseille. Le député marseillais nous a livré ses ambitions sur la question.

Pollution Maritime : inégalités entre le nord et le sud en France, et à Marseille

Rapporteur spécial aux affaires maritimes à la commission des finances, le député Saïd Ahamada est également conseiller d’arrondissement de la mairie du VIIIe secteur dans les quartiers nord où il a grandi. Un territoire particulièrement touché par la pollution du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM).

Le député marseillais Saïd Ahamada

Le terminal de Mourepiane accueille en effet de plus en plus de bateaux de croisières, très polluants, même lorsqu’ils sont à quai. Pour rappel, selon France Nature Environnement, la pollution liée au transport maritime cause 60 000 décès par an en Europe. En cause : le fioul utilisé par les navires, très chargé en soufre, carburant parmi les plus polluants.

Le nord de la France bénéficie de la zone d’émission contrôlée ou zone ECA (Emission Control Area). Elle impose aux bateaux navigant en mer du Nord et en mer Baltique d’utiliser un fioul à 0,1 % de taux de soufre, soit dix fois moins que celui utilisé normalement. Une décision des Nations Unies, issue d’un accord entre tous les pays du pourtour de ces mers.

Navire branché à quai au Port de Marseille pour limiter la pollution

Si la France entreprend d’en faire de même pour la zone méditerranéenne, la tâche semble plus difficile selon le député Saïd Ahamada : « Il y a une volonté claire portée par la France pour créer une zone ECA ici, mais la décision se prend à l’ONU avec l’accord des autres pays méditerranéens dont l’Italie, l’Espagne et Afrique du Nord. C’est compliqué. Le ministère de l’Écologie s’est emparé du sujet. Il faudra deux à trois ans pour arriver à une signature » . Le député espère de son côté convaincre les armateurs d’utiliser un carburant plus propre lorsqu’ils entrent dans la rade de Marseille.

Quoiqu’il en soit, le fioul utilisé, même réduit à 0,1 % de teneur en soufre, reste un diesel très polluant. Il faut donc se tourner vers de nouveaux carburants.


Approfondir : les actions du Port de Marseille pour diminuer sa pollution


Généraliser le Gaz Naturel Liquéfié à Marseille d’ici 10 ans

« On s’oriente concrètement vers le GNL sur Marseille » , affirme le député marseillais, ancien écologiste. « Il faut en passer par des mesures incitatives et non-pas répressives, sinon les armateurs se tourneront vers les autres ports comme Gènes. Le projet de loi de finances 2019 prévoit des incitations financières pour les armateurs et les ports ».

La pollution, un enjeu politique pour Saïd Ahamada, ancien écologiste.

Car s’équiper en navires fonctionnant au GNL est coûteux. Il faut aussi que la législation et les infrastructures portuaires soient revues, notamment pour permettre l’acheminement et le stockage de ce combustible “vert”.

« Il ne faut pas non-plus laisser les armateurs être maître du temps. Ils ne veulent pas forcément se séparer de leurs navires au fioul qui ont encore des années de vie devant eux » explique Saïd Ahamada. « Nous activons plusieurs leviers de front : la législation, l’incitation financière, les négociations. D’ici une dizaine d’années, il n’y aura plus de navires polluants à Marseille. La majorité devra fonctionner au GNL ».

L’avenir du transport maritime non-polluant : l’hydrogène

La pile à combustible à hydrogène est un serpent de mer dans le développement des énergies à « zéro émissions ». Pourtant, aujourd’hui, le transport maritime s’est emparé de la question. L’armateur norvégien Viking Cruises ambitionne de mettre à l’eau en 2025 un paquebot de plus de 200 mètres de long transportant 900 passagers alimenté par des piles à combustible d’hydrogène sans aucune pollution de l’air.

L’Energy Observer de passage à Marseille. Le bateau entièrement autonome en énergie utilise le photovoltaïque et la pile à combustible hydrogène.

« C’est l’avenir à long-terme du transport maritime zéro pollution » affirme le député marseillais Saïd Ahamada, « il faut déjà travailler dessus pour être prêt lorsque la technologie sera au point. Ce qu’on fait aujourd’hui pour le GNL, il faut le faire aussi pour l’hydrogène ».

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1 commentaire

  1. Non l hydrogène était la seule solution avec la pile combustible de l eau émise seulement et le minerai de base est l eau!
    N oubiez pas que 20 tankers qui transportent la mondialisation polluent plus que toutes les voitures du monde ,on est donc pratiquement condamné a subir de grands changements climatiques ,quoi qu il en soit il est trop tard,a vos cercueils.

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