Abandon de l’aéroport NDDL – L’État va-t-il débloquer les 3 milliards promis à Marseille ?

Après l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes financé par l’Etat à hauteur d’environ 700 millions, les élus marseillais, de la ville à la région Sud (PACA), en passant par le département des Bouches-du-Rhône et la métropole Aix Marseille Provence, espèrent pouvoir bénéficier d’un soutien plus rapide du gouvernement pour financer les projets de transports, tant attendus.
Laure-Agnès Caradec

« On est un peu suspendu à la décision de Notre-Dame des Landes car si le gouvernement maintien le projet, ce sont des milliards d’euros qui vont être investis. Mais si ce projet ne voit pas le jour, il y a peut-être des provisions qui ont été faites et qui peuvent être réparties ailleurs. Et j’espère que Marseille et la région PACA seront bénéficiaires de cette manne-là », nous confiait Laure-Agnès Caradec, présidente de l’Agam (l’agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise) mardi 16 janvier dernier.

Le lendemain, l’État annonçait l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, laissant encore plus d’espoir aux élus locaux. Car, pour rappel, en novembre 2013, Jean-Marc Ayrault, Premier ministre (PS) de l’époque sous François Hollande, avait promis d’aider Marseille à hauteur de 3 milliards d’euros pour ses transports. A la suite, Manuel Valls avait également entretenu cette promesse, qui reste en suspend depuis le changement de Président de la République, l’année dernière.

Depuis, les élus locaux attendent toujours avec impatience cette somme qui servirait à financer les infrastructures de transport et de mobilité du territoire. « Le gouvernement a voulu la métropole et la priorité de cette métropole, c’est la question de la mobilité et des transports. Donc il faut que le gouvernement aide Marseille », martèle Laure-Agnès Caradec.

Ligne Nouvelle et aéroport comme priorités du territoire

À l’échelle de la région Sud, de la métropole Aix-Marseille Provence et de la ville de Marseille, l’une des priorités de projet à financer est celui de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur, ex LGV PACA. En plus d’une ligne de TGV entre Marseille et Nice, le projet prévoit également de doubler la fréquence des TER entre Aix et Marseille et Marseille et Aubagne, en trois phases.

Un projet qui tarde à se réaliser, faute de budget. Lors de son déplacement à Marseille en octobre 2017, Élisabeth Borne, la ministre des Transports, avait notamment demandé de réajuster le projet, et plus particulièrement sa priorité 1, faute de moyens financiers.

Pour aller plus loin

« Ensuite, on a le volet aéroport qui doit être renforcé. On s’aperçoit que l’aéroport de Montpellier est en perte de vitesse, donc comment l’aéroport de Marseille Provence peut capter cette clientèle-là et comment les trois aéroports du Sud (Lyon, Nice et Marseille) pourraient être complémentaires sur les destinations plutôt que concurrents ? », souligne Laure-Agnès Caradec. En 2016, l’aéroport de Montpellier a enregistré 1,7 million de voyageurs contre 8,5 millions pour Marseille-Provence, 9,6 millions pour Lyon et 12,4 millions pour Nice.

À Marseille, les prolongements du métro et du tram « indispensables »

Concernant le territoire marseillais, Laure-Agnès Caradec met la priorité sur le prolongement des réseaux de métro et de tramway. « Le métro prolongé vers le sud et vers le nord est indispensable et la troisième ligne de tramway est indispensable aussi pour desservir tout le secteur de la Belle de Mai. Donc la priorité des financements doit se pencher sur ces infrastructures lourdes », considère-t-elle.

Les élus locaux espéraient des annonces lors du déplacement du Premier ministre (LREM) Édouard Philippe le 21 décembre dernier, en vain. Peut-être que de prochaines seront faites dans les semaines à venir suite à l’abandon de l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Un rapport d’experts, réalisé en décembre 2017 et remis au gouvernement, fixe le coût de cet abandon pour l’État :

  • Une indemnisation entre 150 et 350 millions d’euros à la société Aéroports du Grand Ouest (AGO), détenue à 85% par Vinci, qui devait réaliser et exploiter le nouvel aéroport,
  • Une indemnisation de 31 millions d’euros pour les six collectivités locales qui ont acheté les terrains de l’aéroport et de sa desserte,
  • 365 et 460 millions d’euros pour la remise aux normes et la modernisation de l’aéroport de Nantes Atlantique.

Une addition toutefois moins importante que la réalisation de l’aéroport de Notre-Dame des Landes, budgétisée, elle, toujours selon le rapport des trois experts, à 730 millions d’euros.

Pour aller plus loin

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