Portrait d’une marseillaise, rideuse de l’extrême

Un portrait signé Yoan Hovsepian

Morgane Such est une rideuse de 20 ans, portrait d’une jeune femme qui a réussi à s’imposer dans un sport majoritairement masculin.

« Je ne savais même pas encore marcher que j’avais déjà les fesses sur un vélo ! ». Sourire aux lèvres et réponse vivace, Morgane annonce déjà la couleur de l’interview. À 20 ans, cette jeune étudiante en Management à la Faculté des Sciences du Sport de Marseille est fière d’avoir pu imposer sa touche féminine dans le monde du cyclisme tout-terrain. Après deux ans d’absence, la jeune marseillaise fait son come-back pour retrouver le plus haut niveau qu’elle avait commencé à côtoyer il y a quelques années de cela. « L’objectif cette année est de retrouver des sensations, de me préparer physiquement pour l’année prochaine, et donc de viser un résultat en Coupe du Monde. » 

morgane-such-vtt
© Morgane Such
morgane-such
© Morgane Such

Cette passion pour les sports extrêmes, Morgane l’a depuis toute petite. Pas au point d’être garçon manqué, mais quand même parmi les plus casse-cou de sa classe. Faisant partie d’une famille passionnée de vélo et de randonnée en pleine nature, le cyclisme tout terrain est naturellement devenu une passion : « Quand j’ai appris à faire du vélo sans les roulettes à l’arrière, je ne savais pas comment m’arrêter, alors je faisais des tours pendant des heures sans m’arrêter dans le camping où nous étions en vacances ! J’étais toujours à la montagne pour faire des randonnées à vélo en famille, avec mes parents et mon frère. Mon père a tout de suite compris que ça me plaisait, alors il m’a inscrit dans un club très jeune. »

Dès l’âge de 5 ans, les courses commencent et s’enchaînent. Prenant goût à la compétition, Morgane commence par le cross-country, avant de s’orienter vers l’Enduro, une discipline spécialisée dans la descente en milieu naturel. À force d’entraînements et de motivation, les médailles ne tardent pas à pleuvoir : elle termine 2nde en Coupe de France et de l’Europe Cup 2011, et 1ère du SuperMountain à Pila, en Italie en 2012. Morgane garnit son palmarès de plus d’une dizaine de podium en 4 ans. « Ce que j’aime dans ce sport, c’est l’adrénaline. Ça reste un sport extrême. On a aussi la chance d’évoluer dans des paysages magnifiques et naturels, c’est quelque chose dont on ne se lasse pas. »

Mais en 2013, elle décide de tout arrêter. « J’étais arrivée à saturation. Je faisais du vélo depuis toute petite, et mon père qui me poussait beaucoup tenait aussi un magasin de vélo : on vivait donc vélo 24h/24. Cela coïncidait aussi avec mon entrée à la fac, et c’est vrai qu’à ce moment là j’ai préféré la vie étudiante au cyclisme. » Break gagnant, puisque cette pause lui fera comprendre que le cyclisme et la compétition lui manquaient. Retour gagnant pour 2015 ?

morgane-such-marseille
© Morgane Such

C’est clairement l’objectif, mais la route est encore longue « Le plus gros problème c’est le financement. Il faut trouver des sponsors afin de financer les déplacements pour les courses. J’ai la chance d’être une fille donc en plus de jouer sur les résultats, je peux utiliser l’image qui est aussi très importante pour trouver des sponsors. » Car dans ce sport, il est presque impossible de s’autofinancer. Le matériel coûte souvent très cher et les compétitions sont régulièrement organisées à l’étranger. Les partenaires et sponsors sont donc quasiment indispensables pour pouvoir prendre en charge les déplacements.

Et après ça ? « C’est difficile de vivre des courses. Tout le monde aimerait mais une minorité y arrive. Ce qui est certain c’est que je veux vivre dans le monde du cyclisme, mais pas forcément de la performance. »

Et pourtant il va bien falloir s’habituer à la performance, à peine de retour sur la selle, « Momo » comme la surnomme ces amis vient de gagner l’Enduro des veilleurs de vie à Gémenos et se prépare pour l’Enduro du Beaucet, sur les terres du Mont Ventoux. Amies rideuses, amis riders, vous êtes prévenus : Morgane Such est de retour !

Un portrait signé Yoan Hovsepian


Son Palmarès

2011

– 1ère général Coupe de France DH Marathon (descente marathon)

– 1ère Mountain of Hell – Les 2 Alpes (descente marathon)

– 5ème Megavalanche – Alpes d’Huez (descente marathon)

– 2ème Général Coupe de France Enduro (enduro)

– 3ème Megavalanche – Ile de la Réunion (descente marathon)

2012 

– 1ère Offroad – Cassis (enduro)

– 1ère SuperMountain – Pila, Italie

– 2ème SuperEnduro/Enduro Des Nations – Saulce D’Oulx, Italie

– 2ème SuperEnduro – San Bartholomeo, Italie

– 2ème Moutain of Hell – Les 2 Alpes

2014

– 3ème Rider’Z Cup – Villars

– 4ème Coupe de France – Val d’Allos

Commentaires Facebook

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE