Des vestiges vieux de 300 ans découverts sur un chantier de la Joliette

Vue générale du site pendant l’opération de levage de l’épave n° 2. © Ange Lorente, Ville de Marseille 2017

Dans le quartier de la Joliette, une équipe d’archéologues de l’Inrap vient de découvrir des vestiges témoins de l’activité commerciale maritime et de la vie quotidienne des Marseillais entre la fin du 18e siècle et le début du 19e siècle.

Près de 3 500 m² d’un secteur autrefois littoral ont été récemment fouillés à Marseille, dans le quartier de la Joliette, sur un chantier piloté par le groupe Eiffage, dans l’ancien bâtiment Art Déco de la Compagnie générale transatlantique.

Des vestiges témoins de la Révolution Industrielle et de la construction de la Joliette

La zone investie au 22 rue Jean-François Leca était autrefois située entre les anciennes anses de l’Ourse et de la Joliette, juste en face du cap Titol. Elle appartient aux terres gagnées sur la mer à partir des années 1840 lorsqu’au moment de la Révolution industrielle sont créés les nouveaux ports de la Joliette.

Aquarelle du cap Titol et de la Tuerie avant 1840 © A. Roux fils (source Internet)
Localisation des opérations archéologiques (n° 7 : fouille Leca) sur le plan Demarest de 1824 © DAO Nicolas Weydert, Inrap 2017

« Les fonds marins accusent ici une pente douce et très légère, où l’on peut lire la succession, au fil des siècles, de dépôts naturels et de vestiges : fragments d’amphores antiques, objets céramiques d’époques médiévale et moderne, ou encore grumes de bois de grande taille, signes de l’existence d’un aménagement du littoral, peut-être un ponton. » explique l’Inrap.

Parmi les belles trouvailles des scientifiques : de très nombreuses chaussures de toutes tailles, formes et matières, de la vaisselle en bois, des nasses de pêche, des paniers, des cordages et toutes sortes de petits objets de la vie quotidienne (brosses, pipes, flûtes, jetons…), des bouteilles en grès, des poêlons, des pots à fraise…

Et quelques objets plus insolites voire exotiques : un boulet de canon en pierre, des noix de coco, des carapaces de tortue, des coquillages exotiques…

Vue d’un sabot en bois in situ © Nicolas Weydert, Inrap 2017

Un bateau unique en Méditerranée sera exposé au Musée d’Histoire de Marseille

« Aux côtés de ces objets, trois épaves de bateaux, bien conservés, ont été exhumées. Il s’agit de barques de pêche ou de travail, ces dernières pouvant servir à décharger les marchandises des gros navires amarrés au large. » précise l’Inrap.

L’opération de levage de l’épave n° 2 © Ange Lorente, Ville de Marseille 2017

La plus grande, longue de 6,30 m, a été intégralement prélevée sous la direction d’un charpentier de marine dans le but d’être restaurée puis exposée au musée d’Histoire de Marseille. Ce type de bateau servant au mouillage des gros bateaux a une valeur patrimoniale exceptionnelle, aucun exemplaire n’étant conservé en Méditerranée. Sa datation, qui sera affinée en laboratoire, se situe entre la fin du 18e et le début du 19e siècle.

Plusieurs éléments d’un gros bateau de type brick ou goëlette (deux ou trois mâts long de 25-30 m) ont également été découverts. Un safran du gouvernail, un étambrai (pièce de pont tenant un mât), composants rarement conservés, attestent sans doute d’un naufrage ou du démantèlement de grands navires à proximité de la côte.

L’équipe

Aménagement : Eiffage immobilier
Contrôle scientifique : Service régional de l’Archéologie (Drac Paca)
Recherche archéologique : Inrap
Responsable scientifique : Anne Richier, Inrap
Collaboration : José Cano, Ateliers Borg

 

 

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