Un accord « historique » entre Marseille et Miami

Un accord « historique » entre Marseille et Miami

Aix-Marseille-Provence et le Comté de Miami-Dade ont signé, hier à midi à Miami, un accord historique de coopération, le premier du genre sur le territoire américain, porteur d’avenir pour tout l’écosystème métropolitain.

Deux ans après un premier contact en Provence en 2015, les signataires de l’accord de coopération du Miami-Dade County et de la Métropole Aix-Marseille-Provence ont pu mesurer, hier, l’opportunité que représente ce lien dans le cadre de leur développement stratégique mutuel à l’international.

Qu’il s’agisse de la santé, du domaine portuaire, de la culture, du numérique, du tourisme, de l’aéronautique ou des autres filières territoriales d’excellence, cette signature, accompagnée d’une mission économique en terre américaine, est synonyme de progrès pour les deux villes côtières aux nombreuses similitudes.

« Cette position de carrefour entre d’importants marchés est un point commun majeur entre votre Comté et notre Métropole. Car Miami est la place incontournable pour les entreprises des Etats-Unis et celles de l’Amérique latine quand il s’agit d’explorer de nouveaux marchés. Ainsi notre Métropole vendra auprès de nos entreprises provençales les atouts de Miami pour se développer aux Amériques, et nous accueillerons à bras ouverts les entreprises de Miami voulant se développer en Europe et en Afrique », a souligné le président de la Métropole et maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, lors de la réunion des instances signataires dans l’amphithéâtre du Stephen P. Clark Government Center, devant les 120 membres de la délégation métropolitaine (*).

« C’est le début d’une grande aventure, un engagement mutuel, une déclaration fraternelle de notre amitié, et au final un grand plaisir », a pour sa part ajouté Esteban Bovo, le président du Conseil politique de Miami.

Il reste dorénavant 5 jours aux différents protagonistes provençaux pour transformer l’essai de cette nouvelle coopération. Pour y parvenir, les 40 chefs d’entreprises s’appuieront notamment sur les rendez- vous d’affaires des French Weeks, organisés cette semaine par la Chambre de commerce franco-américaine de Floride. Où ils pourront promouvoir le territoire tout en séduisant de nouveaux investisseurs américains. Les visites de sites (Wynwood, le port de Miami, l’Office de tourisme, le centre opérationnel d’urgence) et les différentes soirées de promotion viendront parachever cet événement qualifié d’ « historique » par les élus américains.

(*) Comprenant notamment le Consul général de France Clément Leclerc et des élus et représentants d’Aix-Marseille-Provence Métropole, de l’Office de tourisme, de la Chambre de commerce et d’Industrie Marseille Provence, du Conseil départemental, du Grand port maritime de Marseille, Provence Promotion et d’Euroméditerranée, ainsi que de 40 entreprises rayonnant sur le territoire métropolitain.


Une quarantaine d’entreprises du territoire ont fait le choix d’intégrer cette mission pour promouvoir leur savoir-faire auprès des décideurs américains. Trois d’entre eux, explicitent ce choix :

• Dominique Lebreton, 45 ans, est directeur audits, projets et commercialisation chez Marseille Gyptis International (MGI).
L’entreprise a été créée dans les années 80, par la communauté portuaire de Marseille-Fos, pour développer un Cargo Community System (CCS), destiné à fluidifier le passage portuaire de la marchandise et sa traçabilité. MGI et ses 40 salariés possèdent aujourd’hui 250 entreprises clientes et 1600 utilisateurs.
Pour Dominique Lebreton, cette mission à Miami s’inscrit dans une stratégie globale de conquête à l’international : « Nous avons ciblé 1800 ports dans le monde, notamment des ports américains qui ne possèdent pas de système d’information communautaire« , explique-t-il. « L’idée est à la fois d’avoir une visibilité sur le marché américain et de trouver des partenaires locaux comme relais de notre système. Chasser en meute, ça a du sens, surtout lorsqu’il s’agit de faire la promotion de la place portuaire de Marseille, en incitant nos interlocuteurs à observer ce que nous faisons », précise l’administrateur de MGI.
En début de semaine, Dominique Lebreton est intervenu aux côtés de la directrice générale du GPMM (Grand Port Maritime Marseille), Christine Cabau-Woehrel – sur la thématique du « Smart Port ».

• Julien Guedj, 31 ans, directeur associé de ColorBüs.
Le développement du tourisme, notamment l’arrivée massive de croisiéristes à Marseille, ces dernières années (1,6 million l’an passé), a donné bien des idées aux entreprises de cette industrie en plein essor, dans la cité phocéenne. Notamment à ColorBüs, dont les 5 bus à impériale sillonnent Marseille pour faire découvrir aux visiteurs les charmes de la ville, les cheveux dans le vent.
En triplant le nombre de salariés (18 en haute saison), ColorBüs a développé les services à bord et dépoussiéré l’image de la visite guidée d’une ville en bus. Le succès est déjà au rendez-vous puisque la société atteindra 90 000 passagers cette année contre 52000 par le passé.
Pour Julien Guedj, cette mission à Miami représente également une formidable opportunité de développement. « L’idée, c’est évidemment de recommander Marseille car nous en sommes ses ambassadeurs. En partant avec la Ville, nous allons mettre un pied sur le sol américain et ainsi pouvoir proposer à nos interlocuteurs un concept différent de ce qu’ils connaissent. C’est tout le bénéfice de ce travail efficace qui a été mené par les collectivités« .

• Eric Elkaim, 41 ans, président-fondateur d’Alert Gasoil
Parce que les meilleures idées surgissent parfois au détour d’une conversation à bâtons rompus, Eric Elkaim a créé « Alert Gasoil », en 2012. A l’origine de cette start-up innovante qui compte aujourd’hui 60 salariés et 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, une simple conversation au sujet du vol de carburant dans les poids lourds. Qu’il s’agisse de fraude ou de gaspillage, les kilomètres coûtent très cher aux entreprises. Après deux ans de recherche et développement, la conversation de départ aboutit donc à la pose de capteurs dans les réservoirs pour permettre aux sociétés de « rendre la consommation de carburant de leur flotte de véhicules intelligente ». « Alert Gasoil » leur fournit désormais un outil capable de récupérer tous les facteurs d’influence (vitesse, poids, température…) pour réduire leurs frais.
Aujourd’hui, la petite pépite a pris du galon, au point de concrétiser récemment un accord aux Etats-Unis avec United Technologies, un géant qui a intégré le brevet de l’entreprise française pour une de ses marques. « Après avoir développé l’Europe, nous avons comme volonté de nous implanter aux USA« , explique Eric Elkaim, très enthousiaste à l’idée de partir à Miami avec la délégation. « Ce sera mon 40e déplacement du genre ces deux dernières années, précise-t-il, mais cette mission revêt un intérêt encore plus particulier pour moi en raison de la destination et de l’opportunité qui se présente sur le sol américain de percer le marché de la collecte et du traitement des déchets. Faire du réseau, des contacts, c’est essentiel et on est beaucoup plus fort en groupe que seul. Pour moi, l’union fait la force« .

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