Témoignage : « Les seniors peuvent aussi réussir une reconversion à condition d’oser ! »

C’est une belle histoire qui pourrait en inspirer plus d’un… Et pourtant, elle aurait pu être toute autre sans la motivation et la volonté de ce « senior » qui a souhaité garder une activité professionnelle épanouie après un licenciement à l’âge de 55 ans. Et c’est dans une voie totalement différente qu’il a choisi de se reconvertir. Rencontre avec Louis Sampaio.

À le voir dans sa blouse Dietplus, enseigne spécialisée dans le rééquilibrage alimentaire, parler de son travail et des produits qu’il vend, Louis Sampaio paraît plus qu’à l’aise. Pourtant, cela fait seulement un mois que ce « senior » de 56 ans a ouvert sa boutique sur l’avenue du Prado à Marseille (8e).

Il y a encore un an, il exerçait en effet la fonction de responsable d’un service de formation en langues étrangères. « Au cours de l’année, j’ai été confronté à des changements profonds dans mon ancienne société et j’ai été licencié à plus de 50 ans. Je n’avais qu’une issue, rebondir ! », explique Louis Sampaio. Et c’est vers la reconversion professionnelle qu’il s’est tourné pour cela.

Après son licenciement à 55 ans, Louis Sampaio a préféré changer de domaine professionnelle malgré les difficultés que cela peut entraîner © AP

Se poser la bonne question

En dépit d’un moral d’acier, Louis Sampaio l’avoue : les mois qui ont suivi son licenciement ont été très difficiles. « Le marché des langues est saturé dans la région PACA, mais je n’avais pas envie de plaquer toute ma vie personnelle et sociale pour aller trouver du travail à Paris ! », confie-t-il.

Dans sa recherche d’emploi, le quinquagénaire a aussi été amené à collaborer avec les équipes de Pôle Emploi. « Dans leur base de données, seulement une offre était dans mon domaine d’activité mais elle ne correspondait pas du tout à ce que je faisais. Mon conseiller m’a fait comprendre que, à mon âge, je ne trouverai que des petits boulots en attendant la retraite. Je me suis vraiment dit que ma vie professionnelle était finie », se souvient-il.

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Malgré tout, Louis Sampaio continue sa recherche d’emploi et réfléchit dès lors à une reconversion. Le déclic est arrivé au cours d’une soirée entre amis. « L’un d’eux m’a dit : « Arrêtes de chercher ce que tu pourrais faire et réfléchis plutôt à ce que tu voudrais faire ». C’est tout bête et pourtant c’est ce qui m’a permis d’avancer », reconnaît-il.

Ce que le senior voulait retrouver à tout prix dans sa vie professionnelle était le contact humain, comme lorsqu’au début de sa carrière de formateur il était directement au contact avec ses élèves pour leur apprendre l’anglais. « Je voulais changer de secteur professionnel et apporter du bonheur aux gens. J’ai vu que plusieurs de mes proches avaient perdu du poids et se sentaient mieux dans leur vie. Alors j’ai eu l’envie de monter mon entreprise dans ce domaine-là », raconte-t-il.

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Une franchise plutôt qu’une création pure

Après s’est renseigné sur les différentes options qui s’offraient à lui, Louis Sampaio a décidé de se tourner vers la création de franchise plutôt que la création d’entreprise. Notamment par souci de rapidité afin d’éviter de perdre trop de mois d’activité voire une année alors qu’il est proche de la retraite. « Les enseignes de franchise clés en main ont en plus des commerciaux sur le terrain qui connaissent où se trouvent les locaux disponibles. C’est d’ailleurs par ce biais que j’ai été mis en contact avec mon propriétaire actuel », souligne-t-il.

Avant d’en arriver à l’ouverture de sa boutique dans le 8e arrondissement de Marseille, Louis Sampaio a passé divers entretiens téléphoniques avec l’enseigne Dietplus et plusieurs formations également, aussi bien théoriques que pratiques. L’occasion de lui apprendre les ficelles de son nouveau métier et de vérifier qu’il dispose bien des qualités nécessaires telles que l’empathie, la sympathie, l’écoute ou le sens du relationnel. Aucun doute là-dessus !

Empathie, sympathie, écoute, sens du relationnel… Autant de qualité dont dispose Louis Sampaio et qui lui ont permis d’ouvrir sa franchise Dietplus © AP

Seul ou accompagné pour son projet ?

La question qui vient à l’esprit lorsqu’un senior veut se lancer dans la création de franchise est alors : est-ce que l’on est bien accompagné dans ses démarches ? « Pour ma part, ce n’est pas venu tout seul, j’ai cherché la bonne porte à laquelle je devais frapper. Mais, comme j’avais une idée claire de ce que je voulais et un projet établi et chiffré, j’ai été soutenu », met en avant Louis Sampaio. Le quinquagénaire a même eu la possibilité de choisir sa banque car quatre établissements différents lui avaient donné chacune un feu vert rapide pour son projet.

Sur le plan personnel aussi, Louis Sampaio a été soutenu par ses proches. Un soutien important, surtout pendant la période post-licenciement qui est la plus dure. « Beaucoup de gens aujourd’hui me disent que mon parcours est encourageant. Malheureusement, beaucoup aussi n’osent pas se lancer car ils ont peur de la concurrence des jeunes et des nouveaux outils qu’ils ne savent pas utiliser. Je veux montrer, par mon expérience, que la reconversion professionnelle est tout à fait réalisable et peut concerner tout le monde avec du travail personnel et de la volonté ! Il faut oser et ne pas hésiter à aller à la rencontre de gens et de structures pour obtenir de l’aide », conseille Louis Sampaio.

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2 COMMENTAIRES

  1. Super témoignage, c’est bien ce type d’exemple qui nous pousse à croire que la vie n’est pas une question d’âge mais plutôt d’opportunité, et les opportunités, on les crée. Félicitations, monsieur!

  2. HAAAAA enfin un article témoignage d’une personne de plus de 50 ans qui démonte les idées reçues sur l’âge.
    J’aimerai qu’il y en ait plusieurs comme celui-ci.
    Merci du partage !
    Jordane

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