Un « Livre Bleu » pour protéger le littoral de la métropole marseillaise

Sur la Côte Bleue

Le littoral, l’une des plus grandes richesses de la Métropole Aix Marseille Provence, s’apprête à changer d’ici à 2022. L’institution a entamé la rédaction, après 5 mois de réflexions et de réunions, d’un « Livre Bleu » visant à développer les activités sur ces zones tout en les préservant.

Avec 255 km de littoral et le plus grand étang salé d’Europe, l’Étang de Berre, la Métropole Aix Marseille Provence s’apprête à rédiger un « Livre Bleu ». Il s’agit d’une synthèse sur les enjeux et des pistes de développement économique du littoral métropolitain tout en favorisant le respect de celui-ci. Les actions inscrites seront mises en œuvre de 2018 à 2022, soit sur une durée de 5 ans. « Il faut se développer parce que c’est important pour le territoire mais c’est aussi important de le protéger », argumente Patrick Boré, vice-président de la Métropole, délégué aux ports et aux infrastructures portuaires. Mais pour un homme qui est en faveur de la réindustrialisation de certains sites, « hors de question de laisser le territoire figé ».

Le projet est mené par Patrick Boré et Eric Diard, maire de Sausset-les-Pins et conseiller métropolitain délégué à la stratégie littorale et portuaire. La rédaction du livre fait suite à des réflexions diverses depuis février 2017. Le point d’orgue de la constitution de cette initiative, 3 réunions institutionnelles (sur le pourtour de l’Étang de Berre, sur le Golfe de Fos, sur la Côte Bleu/Rades de Marseille/Calanques/La Ciotat), et 3 réunions thématiques (« Attractivité et tourisme », « Économie et emploi » et « Plaisance et nautisme »).

Ces concertations ont permis de confirmer le diagnostic territorial et de donner les grands enjeux sur lesquels la Métropole doit se pencher à savoir :

Faire du littoral le moteur du rayonnement de la métropole

  • Développer les filières portuaires liées à la plaisance
  • Accompagner le développement économique du port Marseille-Fos
  • Valoriser les ressources littorales en misant sur l’innovation
  • Accompagner les TPE/PME de la filière nautique
  • Faire de l’Étang de Berre le poumon bleu de la Métropole
  • Rapprocher la production halieutique locale des consommateurs
  • Exploiter les potentiels en énergie renouvelable de la mer
  • Renforcer le rayonnement touristique et culturel
  • Accroître l’attractivité des espaces balnéaires et nautiques
  • Améliorer l’accessibilité au littoral

Préserver les espaces et les milieux littoraux

  • Préserver la biodiversité littorale

Améliorer la qualité des eaux et des milieux aquatiques

  • Adapter le territoire aux évolutions du trait de côte

Valoriser l’atout plaisance

  • Développer la qualité des services
  • Améliorer les capacités d’accueil

Fédérer les acteurs et renforcer la gouvernance littorale

  • Renforcer la coopération des acteurs
  • Proposer de outils de planification du littoral à l’échelle du territoire métropolitain

« On a fait une compilation, chaque délégation va y travailler après », annonce le vice-président délégué aux ports et infrastructures portuaires. Une fois la rédaction terminée, les acteurs concernés devront choisir, hiérarchiser et chiffrer les projets afin de les concrétiser.

Un espace stratégique qu’il faut développer

Les littoraux représentent le point fort de la Métropole, un espace générateur d’emploi puisque 1/3 de la population et des emplois sont concentrés sur 2 km à partir des côtes.

En première ligne, ce sont surtout la plaisance et le tourisme qui en profitent avec la présence d’espaces naturels comme la Camargue, la Côte Bleue ou les Calanques, et de zones de sports et loisirs nautiques particulièrement développées. Ces espaces côtoient aussi d’autres plus industrialisés comme notamment le port de commerce de Marseille-Fos à dimension internationale, des zones de pêche ou de réparation navales.

Mais le littoral métropolitain est également source de produits de la mer et d’énergies, bien que cette dernière est sous-estimée.

Les améliorations apportées seront à composer avec les fragilités que présentent le territoire au niveau de l’érosion des côtes, de la hausse du niveau de la mer (+14cm de 1985 à 2015 selon le marégraphe de Marseille), ou des rejets des stations d’épuration de la Métropole et de la centrale de Saint-Chamas dans l’Étang de Berre.

L’Étang de Berre mis en avant par le programme

Face à la mauvaise réputation que lui donne certains ainsi que l’industrialisation du milieu, l’Étang de Berre est maintenant visé par une politique de réhabilitation de l’espace menée par la Métropole et par les 10 communes riveraines. « C’est une spécificité importante que nous avons sur le territoire mais il y a un image négative produite par certains… Il faut y aller, s’y balader », déclare Patrick Boré. Le but est donc de valoriser le paysage, sa place dans l’économie de la Métropole et de préserver son environnement.

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