La Région PACA distribue 95 millions d’euros aux départements

Après de nombreux déplacements notamment dans le Vaucluse et le Var, Renaud Muselier, le nouveau président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, est revenue sur les 95 millions d’aides versées aux départements. Avec pour leitmotiv « la Région ne sera pas le tiroir-caisse des autres collectivités. »

Après de nombreux déplacements notamment dans le Vaucluse et le Var, Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, est revenu sur les 95 millions d’euros versés aux départements pour soutenir de nombreux projets. Avec pour leitmotiv « la Région ne sera pas le tiroir-caisse des autres collectivités ».

Une semaine seulement après son élection à la tête du Conseil Régional PACA, Renaud Muselier est déjà au charbon. Après une première commission permanente réalisée à huis clos, le remplaçant de Christian Estrosi ayant préféré retourner à ses responsabilités locales, est venu devant la presse présenter la répartition des enveloppes accordées aux territoires. L’élu des Républicains n’a cessé de marteler sa volonté de continuer le travail entamé par la précédente présidence, avec « un objectif de résultat à 3 ans, mais une vision sur 20 ans. »

95 millions d’euros,  mais pour qui ?

Les transports, une épine dans le développement de la région

Les catégories apparaissent comme nombreuses, mais les principales sources de dépenses sont l’éducation, la culture et les transports, car au-delà des sommes figurant dans le graphique ci-dessus, il convient d’ajouter les 40 millions de la ligne TER Marseille-Aix.

Le Conseil Régional apporte une aide conséquente « cela représente 26% du budget total des travaux, ce qui permettra à ce projet de se concrétiser. Cela permettra de fluidifier le trafic sur cette ligne surchargée, anticiper les besoin de demain, et alléger les entrées dans Marseille par la voie autoroutière ». Ainsi, la modernisation de cette voie ferrée empruntée actuellement par 7 500 personnes chaque jour, soit seulement 3% des voyages entre Aix et Marseille (la voiture y étant largement représentée), paraît être primordial au développement de l’économie locale, eu égard aux ambitions de développement de la métropole Aix-Marseille.

En plus, de l’installation de bornes wifi, des tourniquets de contrôle des billets seront installés à Marseille et Nice dans les prochains mois avant d’étendre ce dispositif à onze autres villes dont Aix, Avignon et Toulon. L’intention est simple, lutter contre le véritable fléau qui grève les comptes de la région et de la SNCF par la même occasion, « car chaque point de réduction de la fraude rapporte près de 800 000 euros » selon Renaud Muselier. La région a été épinglée, en 2012, pour son triste titre national de région « Championne de la Fraude » avec une personne sur cinq ne payant pas son billet de train.

« Doubler le nombre de brevets déposés »

Éducation toujours. La gestion des lycées étant l’une des prérogatives régionales accordées par l’État, il n’est pas étonnant de voir ce poste de dépense être gonflé, comparativement aux autres. Avec plus de 7 millions investis, les Bouches-du-Rhône figurent en tête des départements dans le secteur de l’éducation, loin devant les Hautes-Alpes.

L’effort le plus notable est consacré, à hauteur d’un million d’euros, à la restructuration de l’École Nationale Supérieure de la Marine sur le Campus de Marseille. Au total se sont plus de 14 millions qui seront injectés dans les 300 lycées disséminés sur l’ensemble du territoire. Dans le même volet, « nous voulons porter le nombre d’apprenti à 50 000, il est actuellement équivalent à 30 000. Nous souhaitons tout simplement revenir à l’équivalent du nombre en vigueur il y a vingt ans » explique le président de région.

Mais le Conseil Régional ne s’est pas simplement focalisé sur l’enseignement professionnel et la reconversion, puisque les laboratoires et entreprises de recherches bénéficieront d’un coup de pouce, un million d’euros, avec pour objectif « de doubler le nombre de brevets déposés d’ici à la fin de mon mandat ». Pour rappel en 2016, près de 750 brevets ont été déposés par l’ensemble des 195 unités de recherche de la région PACA, contre 2 300 pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il y a urgence de faire mieux, pour s’approcher des standards européens, et devenir une terre d’innovation.

Les Bouches-du-Rhône, une terre de festival

Alors que les festivals se succèdent la semaine dernière à Lourmarin, et demain à Marseille ou Aix, la région est un partenaire et soutien financier important au bouclage des budgets des différentes animations culturelles de son territoire. Le nouvel arrivant, le Festival M rire bénéficiera d’une enveloppe de 100 000 euros qui ne sera pas de trop pour offrir au public les Chevaliers du Fiel, Titoff, Élie Semoun et autres stars de l’humour à la fin du mois de juin.

Le festival de Ramatuelle n’est pas en reste avec 30 000 euros de participation, permettant la tenue des différentes pièces, one-man-show et concerts. De plus, 540 000 euros seront alloués à la rénovation du théâtre du Citron Jaune à Port-Saint-Louis-du-Rhône, et le Musée de l’Arles Antique bénéficiera d’une aide à hauteur de 210 000 euros pour la construction des réserves externalisées. Mais ce n’est pas tout, de nombreux autres projets seront soutenus, que se soit la rénovation du patrimoine comme à Bonnieux ou l’Isle-sur-la-Sorgue, et des manifestations culturelles d’une moindre envergure.

Avec ses différents projets, la région PACA s’étend sur l’ensemble des territoires, avec la volonté de ne laisser personne de côté, même si le Var semble le moins bien loti des départements. Mais surtout le conseil régional veut cesser d’être perçu comme un distributeur automatique où les associations, les mairies et autres instances viennent retirer de l’argent.

Renaud Muselier de préciser « Je renvoie cela, à la perception que se fait le grand public de la région. Je veux cibler l’action de la région dans l’efficacité, car au fil du temps, nous avons malheureusement cofinancé les projets des autres. » Le message paraît clair, la région cherche à se démarquer des autres organes décisionnels, obtenir des résultats et souhaite devenir plus efficiente. Les jalons sont posés par la nouvelle présidence, rendez-vous dans quatre ans pour le bilan.

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