Quelles solutions pour lutter contre la pollution et le bruit le long de la L2 ?

Quatre mois après la mise en circulation de la partie Est de la rocade L2, la Préfecture vient de dévoiler un premier bilan des nuisances engendrées par le trafic automobile entre Saint-Loup et le Merlan. Une gêne pour les nombreux habitants concernés. 

Lors du dernier Comité de Suivi des Engagements de l’Etat (CSEE) – le premier depuis son ouverture partielle -, certaines mesures ont été confirmées. Parmi elles, le contrôle des nuisances sonores via la création d’un observatoire indépendant.

L'édition 2016 du CSEE DR
L’édition 2016 du CSEE en Préfecture © DR

Un trafic reporté du Jarret vers la L2

C’est un feuilleton qui aura tenu en haleine les Marseillais pendant des décennies et qui devrait continuer de le faire ces prochains mois avec le chantier de la L2 Nord. Seule la partie Est de la rocade est aujourd’hui ouverte à la circulation, et les effet se sont rapidement fait sentir : près de 50 000 véhicules empruntent quotidiennement la L2 Est dans les deux sens. Conséquence directe, «les exploitants des réseaux métropolitains et départementaux ont confirmé la baisse des trafics sur plusieurs axes dont la rocade du Jarret», explique la préfecture dans un communiqué.

Si le centre-ville semble bénéficier de cette nouvelle autoroute, pour les quartiers traversés par la nouvelle L2, en revanche, c’est une autre paire de manches : goulots d’étranglement, bruits de moteurs, odeurs d’essence… Outre le report d’une partie du trafic près de chez eux, c’est surtout l’impact environnemental de la rocade sur ces quartiers qui inquiète.

Une station de surveillance « AirPaca » a été installée récemment. Elle permet de surveiller les évolutions de la pollution au niveau de la Fourragère. Les dernières mesures montrent une augmentation notable des émissions de dioxyde d’azote (NO2) et de particules fines (PM10) sur cette station mobile, alors même que la L2 n’est pas encore ouverte dans sa totalité.

La cabine de mesure de la qualité de l’air, dans le secteur de la Fourragère
La cabine de mesure de la qualité de l’air, dans le secteur de la Fourragère © AirPaca

Un air plus pollué ?

Les récents pics de pollution, constatés en fin d’année dernière, ont fini de convaincre les pouvoirs publics de leur dangerosité, même en restant à des concentrations conformes aux réglementation de l’Union Européenne. Une mesure a donc été prise par la Préfecture, celle de «l’expérimentation d’asservissement de la ventilation d’une des tranchées couvertes à la pollution extérieure».

Cette mesure unique en France ne convainc pas Bernard Donadio, secrétaire du collectif anti-nuisances L2 (CAN L2) : «Si cette technique n’a jamais été testée en France auparavant, c’est peut être pour une raison non ?». Selon lui, il ne s’agit que d’une «dilution de la pollution». Il souhaite désormais que les «opportunités de transition énergétique aient de véritables conséquences positives pour les riverains».

Le collectif n’a eu de cesse ces derniers mois de contacter les différentes parties de ce partenariat public/privé afin de mettre en lumières les nombreuses contre propositions que porte l’association, sans succès. Parmi ces demandes, la pose de «casquette», support de panneaux photovoltaïques ou encore l’expérimentation de la bio-filtration dans les tunnels comme cela a été fait dans le tunnel de Guy Môquet (94), une technique jugée prometteuse par le CNRS.

Et le bruit dans tout ça ?

En plus de la pollution de l’air, qui est un problème pour tous les Marseillais, un autre phénomène gâche la vie des riverains, qu’ils habitent près de la L2 Est ou de la partie Nord en travaux : celui des nuisances sonores.

Un problème difficilement quantifiable : il n’est pas aujourd’hui possible de mesurer le bruit dans ces quartiers de manière indépendante et d’en tirer des données précises. La société de la rocade L2 (SRL2) mesure de son côté l’environnement sonore mais le collectif d’habitants souhaiterait la création d’un observatoire indépendant, à l’image d’AirPaca mais pour le bruit, qui soit profitable à l’ensemble de la ville voire de la région.

L’Etat, de son côté, exige seulement que l’exposition au bruit demeure en dessous des seuils légaux. Sauf qu’aucun outil indépendant ne permet aujourd’hui de constater le respect de cette réglementation, comme cela existe pourtant à Paris ou à Lyon (Acoucité).

Vers une solution ?

Le dernier comité de suivi piloté en Préfecture a semble-t-il fait évoluer les choses à ce niveau là, puisque en mai prochain une réunion devrait être organisée dans l’optique de créer un «observatoire indépendant du bruit». Cela permettra de rendre compte, scientifiquement, des évolutions de l’environnement sonore des quartiers les plus impactés par la L2 Est et de corroborer le ressenti de certains riverains.

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