Entretien avec Jean-Marc Coppola : Mélenchon, Estrosi, Gaudin, les écoles, les transports…

Jean Marc Coppola, élu (Parti Communiste) à la Ville de Marseille et ancien vice président en charge de la Jeunesse puis des Lycées au Conseil régional PACA entre 1999 et 2015 sous la présidence Michel Vauzelle (PS), dresse pour Made in Marseille un tour de l’actualité locale et nationale.

Il évoque son soutien à Jean-Luc Mélenchon pour les présidentielles et aussi la politique de droite de la région PACA menée par Christian Estrosi (Les Républicains) depuis son élection en décembre 2015 et sur les changements qu’il aimerait voir s’opérer à Marseille, notamment en matière d’école et d’éducation, de gratuité des transports et de propreté.


jean-marc-coppola-parti-communisteMade in Marseille – Bonjour Jean-Marc Coppola. On va commencer par l’actualité brûlante : les présidentielles. Vous avez dû regarder comme une grande partie des Français le premier débat télévisé. Jean-Luc Mélenchon vous a-t-il convaincu ?

Jean-Marc Coppola – Je ne suis pas forcément le mieux placé pour répondre puisque j’appelle à voter pour lui, je ne suis peut-être pas très objectif. Je tiens tout de même à rappeler que les communistes appellent à voter pour Jean-Luc Mélenchon mais, en même temps, ont leurs propres propositions et leur propre programme. Celui de Jean-Luc Mélenchon est celui qui se rapproche le plus de ce que nous portons.

Je pense que Jean-Luc Mélenchon est quelqu’un d’intelligent et de cultivé. C’est un tribun, il a une présence télévisuelle qui est convaincante. Mais, je pense qu’il n’y avait rien de très saillant dans ce débat. C’est compliqué un débat à cinq car à la fois les journalistes posent des questions aux candidats et en même temps il y a eu très peu de débats entre eux. Pour se forger une opinion, c’est donc un peu compliqué.

Vous avez distribué un appel à voter Jean-Luc Mélenchon au personnel d’EDF avenue Viton (9e) il y a quelques jours. Vous pensez qu’il est l’unique candidat de gauche à soutenir ? Que pensez-vous de l’union des gauches et d’une alliance avec Benoît Hamon ?

Je crois que de toute façon, aujourd’hui, la chose est entendue. Dès le début je n’y croyais pas trop, et pas simplement pour une question d’ego. Je pense qu’il y a une différence entre ce que porte Benoît Hamon et ce que porte Jean-Luc Mélenchon, même si Benoît Hamon est quand même le candidat qui se rapproche le plus de ce que nous portons.

Toutefois, les gens qui pensent que mathématiquement, parce qu’il y aurait un seul candidat entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, on obtiendrait la somme des chiffres des sondages, ils se trompent. Car il y aurait une partie de l’électorat de Benoît Hamon qui ne viendrait pas vers Jean-Luc Mélenchon et inversement.

On est de toute façon aujourd’hui dans un émiettement de la gauche, mais parce que François Hollande a complètement trahi à la fois ses engagements et aussi les idéaux et les valeurs de gauche. Aujourd’hui, je pense qu’il y a un gros chantier pour la gauche pour se reconstruire et il lui faudra des années. Mais ça ne veut rien dire, je ne suis pas en train d’hypothéquer la présidentielle, il peut y avoir des tas de surprises.

« Les gens qui pensent que mathématiquement, parce qu’il y aurait un seul candidat entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, on obtiendrait la somme des chiffres des sondages, ils se trompent. »


Il y a un peu plus d’un an, vous quittiez vos fonctions d’élu à la région après plus de 15 années en poste. Quel regard portez-vous sur la politique de droite menée aujourd’hui à la région ?

Ce que l’on redoutait est arrivé très rapidement. Quand on regarde les programmes entre la droite et l’extrême droite, ils sont assez similaires. J’ose dire cela car quand Christian Estrosi a l’air de combattre le Front national (FN), c’est en fait une lutte de pouvoir car après il prend une partie de son idéologie pour essayer de conforter son pouvoir. C’est « bonnet blanc et blanc bonnet ».

La motion contre les migrants, par exemple, qui est un acte de guerre contre les migrants, le FN ne ferait pas mieux. Quand on voit la politique sécuritaire, qui est hors compétence de la région, c’est le programme du FN. C’est très dangereux car on essaye d’opposer la population et il n’y a pas de voie progressiste puisqu’une partie de l’électorat, celui de gauche, n’est plus représenté. Il n’y a donc pas d’opposition réelle et c’est dangereux.

Quand je vois en plus que Christian Estrosi détricote des actions que nous avions menées, qui ont été très utiles et efficaces et qui tendaient à créer des liens de solidarité, c’est gravissime. J’entends par là notamment les actions en direction de la jeunesse, pour faciliter la tâche aux jeunes et les aider dans le parcours de combattant qu’ils traversent quand ils font des études. C’est 17 ans de politique qui a cherché à rassembler qui, aujourd’hui, est en train de se déliter. Donc j’ai un jugement très sévère.

Justement concernant ces actions. Vous dites que Christian Estrosi et son équipe les « détricotent », eux considèrent qu’ils les « modernisent ». Comme par exemple le Pass Culture qui devient la Carte Jeune ou encore le Conseil Régional des Jeunes qui devient le Parlement de la Jeunesse. La droite va-t-elle plus loin que la gauche en terme de culture et de jeunesse selon vous ? 

Faudra qu’ils le démontrent par les actes. Pour l’instant, ils n’ont pas montré que c’était plus efficace ou meilleur. Je pense simplement qu’ils ont modifié tout ça car ils veulent mettre leur pâte. C’est de la communication. Derrière ces tours de passe-passe, c’est quand même des économies donc il faut regarder de très près les budgets. En modifiant les politiques de cette façon-là, vous changez et empêchez en même temps la comparaison entre ce qu’il se faisait et ce qu’il se fait actuellement. Mais ça se traduit forcément par des moyens en baisse car Christian Estrosi n’a pas rompu avec ce que nous critiquions quand nous étions à la région, à savoir l’austérité. Il accompagne l’austérité de l’État, qui baisse les moyens, et lui s’adapte plutôt que demander des moyens différents.

« Christian Estrosi n’a pas rompu avec ce que nous critiquions quand nous étions à la région, à savoir l’austérité. Il accompagne l’austérité de l’État, qui baisse les moyens, et lui s’adapte plutôt que demander des moyens différents. »

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Même question quand on voit que la majorité d’Estrosi vient de voter vendredi dernier l’agriculture de proximité, à savoir les circuits courts, dans les cantines des lycées. Pourquoi ne pas l’avoir fait depuis 1999 ? Cette mesure devrait recréer de l’emploi, valoriser nos agriculteurs, améliorer la situation environnementale…

Ça existait déjà mais ce n’était pas généralisé. On a gardé un service public de restauration collectif, avec des chefs qui cuisinent dans les restaurants scolaires. Je ne sais pas pendant combien de temps Christian Estrosi va le garder. On a eu des exemples de circuits courts avec les agriculteurs régionaux. On a d’ailleurs fait un gros travail sur l’agriculture dans notre région, mais on ne va pas non plus se substituer à la politique nationale et européenne en matière d’agriculture.

En la matière, il faut être, je pense, exigeant sur la qualité des produits, la proximité, mais il faut surtout, et là tous les libéraux sont contre, éliminer tous les intermédiaires. Ce sont eux aujourd’hui qui font qu’un produit qui vient de l’autre côté de la planète coûte moins cher, malgré ce qu’il engendre comme émissions de C02, qu’un autre qui vient du département. En plus ces intermédiaires se gavent financièrement alors que l’agriculteur qui produit est dans une crise.

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Parlons maintenant plus précisément de Marseille. En 2016, un Conseil municipal extraordinaire sur l’emploi a été organisé à votre demande. Il est ressorti de cette séance une liste de 18 propositions que le maire, Jean-Claude Gaudin (LR), s’est engagé à mettre en œuvre. Parmi elles, la création d’un lycée international et d’une seconde école de la 2e chance. Où en est-on aujourd’hui ?

Vous devancez ce que je vais poser dans les jours à venir car, un an après ce Conseil municipal, il faut faire un bilan. On a voté les 18 propositions parce qu’on n’allait pas s’opposer à cela, mais nous avions quelques doutes sur leur efficacité ou leur utilité. Le lycée international à Marseille par exemple. Les acteurs économiques nous ont fait remonter que les salariés ne parlent pas assez d’autres langues que le français. Il faut aider tout cela, mais pas simplement pour les salariés cantonnés aux métiers du tourisme.

Il faut apprendre des langues étrangères très jeunes, même à la maternelle des fois, et c’est l’Éducation nationale qui doit le faire. Ce n’est pas simplement un objet utilitaire, ça ouvre aussi notre esprit et ça nous permet de nous ouvrir aux autres. C’est la raison pour laquelle ce n’est pas forcément un lycée ou une école internationale qu’il nous faut car il va plutôt être spécialisé pour accueillir les enfants de cadres style les salariés de CMA CGM ou d’autres entreprises comme cela. Pourquoi pas, mais je préfère la mixité, c’est-à-dire que ces enfants-là soient avec les enfants des autres arrondissements.

Que préconisiez-vous à la place ?

Je proposais plutôt qu’il y ait plus de sections internationales dans les lycées existants car ça permettrait l’apprentissage de langues étrangères différentes de l’anglais comme le chinois par exemple. Et aujourd’hui il n’y a pas assez de sections internationales à Marseille. Ça permettrait en plus d’éviter de dépenser plus, car un lycée supplémentaire qui nécessite des millions d’euros, il faut les prendre quelque part et quand ce n’était pas prévu au départ, je sais que c’est difficile ensuite pour respecter le budget.

« Je proposais plutôt qu’il y ait plus de sections internationales dans les lycées existants car ça permettrait l’apprentissage de langues étrangères différentes de l’anglais comme le chinois par exemple. »

Vous connaissez bien le sujet marseillais, puisque vous avez été candidat aux municipales en 2014 face à Jean-Claude Gaudin. Êtes-vous déjà en train de travailler le fond de votre programme pour 2020 ?

Non. Pourtant en politique il faut anticiper, il faut avoir une vision et je trouve que les politiques manquent de vision à long terme, sur 20, 30 ou 40 ans. À la fois, je dis que ça manque de vision et d’anticipation, et à la fois je ne suis absolument pas en train de préparer quoi que ce soit pour 2020 car peut-être que je ne serai plus là ! Pour l’instant, je me cantonne aux présidentielles et aux législatives et c’est déjà pas mal. Faisons le boulot et soyons utiles déjà aujourd’hui.

Moi je veux être utile. Sur les écoles par exemple, pour que ce qui est proposé par les enseignants et les parents d’élèves et que ce qui est bon pour les enfants, je puisse le porter devant le Conseil municipal. C’est pourquoi j’essaye d’avoir des relations et rapports intelligents avec les autres élus de la majorité notamment, pour ensuite être utile. Je suis d’abord dans l’action car c’est ce qui est important et tout cela construit une vision pour l’avenir.

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Campagne pour les élections municipales de 2014 de Jean-Marc Coppola

Pour parler des écoles justement. Que pensez-vous de la situation des écoles à Marseille et des 250 millions d’euros injectés en urgence par la ville cet été ?

Tout euro supplémentaire injecté est positif. Le problème, c’est qu’il y a 20 ans de retard. On sait que la construction des écoles date d’il y a plusieurs décennies. Et pour l’avoir vécu au niveau des lycées, tout investissement qui n’a pas été fait pendant des années se paye un jour. On attend, on attend et un jour ce n’est plus une, deux, 10 ou 20 écoles qu’il faut faire mais 450 et là c’est lourd. C’est la raison pour laquelle je propose une sorte de plan prévisionnel d’investissement, et c’est en train de se dessiner.

Les conflits qui ont eu lieu autour des rythmes scolaires et de l’état de vétusté des écoles a forcément contraint l’équipe municipale et le maire. Je pense qu’aujourd’hui il serait de bon de demander une enveloppe exceptionnelle d’urgence à l’État parce que la collectivité ne pourra pas tout faire toute seule pour justement rattraper ce retard. Et là je trouve timide le fait de ne pas demander.

« Je pense qu’aujourd’hui il serait de bon de demander une enveloppe exceptionnelle d’urgence à l’État parce que la collectivité ne pourra pas tout faire toute seule pour justement rattraper ce retard. »

Comment le gouvernement aurait pu financer cette enveloppe exceptionnelle selon vous ?

J’avais pointé comment le faire : quand le gouvernement Ayrault avait dit qu’il allait mettre trois milliards d’euros sur la gare Saint-Charles, qui ne venaient d’ailleurs pas seulement de l’État mais aussi des collectivités, très franchement, avec une perspective de ligne nouvelle à 2035 voire 2050, la priorité n’était pas là, elle était à l’école. Mais tout est une question de choix et de priorité.

Faire le choix de l’éducation, c’est-à-dire le choix d’enfants qui seront des citoyens dans 15 ans, c’est le choix que j’aurais fait. Cela ne veut pas dire qu’il faut abandonner les autres projets à côté. Mais je sais aussi que c’était des effets d’annonce ces trois milliards car il n’y a rien de financé aujourd’hui. Je ne dis pas qu’il faut reculer et avoir moins d’ambition. De l’argent il y en a en France, il faut aller le chercher. Il faut une vraie et profonde réforme de la fiscalité aujourd’hui.

D’où vient le retard de la ville de Marseille sur les écoles ? Car l’éducation est tout de même le  premier budget de la ville. (Ndlr, avec 208 millions d’euros investis en 2016 sur environ 1,4 milliard d’euros de budget global, soit 12% du budget municipal. L’enveloppe totale allouée aux écoles en 2016 s’élève à 41 millions d’euros dont 12 millions d’euros pour les travaux).

Jean-Claude Gaudin est très fort, je lui reconnais, pour valoriser une action, quelles que soient son ampleur et son ambition. Quand vous ramenez ces annonces au nombre d’années, vous vous apercevez que ce n’est pas si important que cela. Je ne suis pas en train de dire qu’il n’a rien fait. En matière d’école, le retard il est y compris sous Defferre et Vigouroux et représente plusieurs décennies.

Je ne veux pas accabler Jean-Claude Gaudin et son équipe, mais ils auraient pu faire beaucoup plus et avec une crise telle qu’elle est aujourd’hui, avec des murs qui partent en biberine, etc, forcément ils sont obligés de faire des choses. Mais, si on veut être à la hauteur des besoins, il faut un budget exceptionnel d’accompagnement de l’État. C’est pour cela que je parle d’une aide d’urgence car ça serait un signe fort pour montrer qu’on veut s’occuper des enfants de l’école publique à Marseille.

Pendant la campagne 2014, vous avez axé votre projet sur sept autres priorités. Commençons par « l’Urgence des transports » et votre proposition sur la gratuité. Pensez-vous aujourd’hui, alors que la métropole réclame 3 milliards d’euros d’aide à l’État pour financer son fameux « agenda de la mobilité », que la gratuité pourrait vraiment s’appliquer à une ville comme Marseille qui est largement en retard…

Je pense que c’est possible et nécessaire. Dans un premier temps, il faudrait prioriser. La gratuité des transports, on pourrait déjà la faire pour les jeunes car on sait combien c’est cher et ça éviterait les fraudes et les conflits. On peut aussi réfléchir à la gratuité en fonction des territoires, notamment dans les zones qui sont démunies de transports collectifs dignes de ce nom à savoir le métro et le tram. Ça faciliterait le déplacement d’un certain nombre de personnes dans ces quartiers, souvent populaires, où les gens ont des revenus faibles. Sans parler dès le départ de gratuité totale aveuglément, on peut faire quelques gestes.

« La gratuité des transports, on pourrait déjà la faire pour les jeunes car on sait combien c’est cher et ça éviterait les fraudes et les conflits. »

Expliquez-nous comment cela peut être envisagé.

Les financements peuvent être apportés par un versement transport équivalent à ce qu’il y a en région parisienne. Il n’y a pas de raison que, pour la deuxième ville de France, il n’y ait pas un versement transport en taux équivalent à celui-ci où contribueraient les entreprises, les centres commerciaux, le patrimoine immobilier et tous ceux qui bénéficient du déplacement des gens.

Il y a besoin d’investissements qui seront vite amortis. Dans ce domaine, il y a des retours sur investissement très rapides vu la fréquentation par le nombre d’usagers. Vous investissez par exemple 450 millions pour faire le métro vers l’hôpital Nord, vous savez que le retour sur l’investissement est très rapide entre le versement transport et le paiement du titre de transport. C’est quand même incohérent que le métro et le tramway n’aillent pas dans le sud et dans le nord.

Pourquoi dans le nord ? Car c’est une population qui n’a pas forcément de véhicules. Et c’est surtout une entrée de ville. Si on veut diminuer la voiture à Marseille, il faut avoir des transports collectifs dignes de ce nom avec des parkings de dissuasion en entrée de ville. On a bien mis 300 millions pour le Vélodrome alors qu’est-ce que c’est 450 millions ? Cela montre que les politiques sont discriminatoires. On regarde le sud et le centre-ville et on laisse à l’abandon des quartiers. Tôt ou tard on le paye et c’est gravissime d’avoir ces politiques discriminatoires qui renforcent ces inégalités et opposent les uns aux autres.

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Et concernant l’interdiction des camions en ville que vous proposiez, ce n’est pas la fin des livraisons et une difficulté économique supplémentaire pour un centre-ville qui ne se porte pas super bien ?

On peut mettre des camions électriques ! Je suis pour mettre en place des plateformes logistiques alimentées par le train et que, pour les derniers kilomètres, ce soit des camions électriques qui s’en chargent, plus petits que ceux qui circulent en centre-ville. Aujourd’hui il y a des 44 tonnes en ville guidés par les GPS et, puisqu’ils ne connaissent pas la taille des rues, se retrouvent dans des endroits où ils ne peuvent même pas tourner ou faire marche arrière.

Au-delà de la pollution, un 44 tonnes, c’est aussi l’équivalent de 70 voitures en termes de défoncement des rues. Donc avec des camions électriques, on œuvre pour une ville moins encombrée et moins polluée. Une vraie ville intelligente. On n’a pas forcément besoin d’être connecté pour être intelligent !

Enfin, comment régler le problème de la propreté selon vous ?

Là aussi c’est une question de volonté politique et de moyens. Il n’y a pas une cause à ce problème de propreté, on sait qu’il y en a plusieurs. C’est sale parce qu’il y a une météo particulière avec le mistral qui fait voler des tas de déchets, il y a le volet incivisme des gens, le volet aussi éducation et il y a également la nécessité de faciliter les choses aux gens.

Quand il manque de poubelles ou qu’elles ne sont pas assez vidées, ça n’aide pas à ce que les gens aient le sens civique. Il faut sanctionner aussi. Et permettre à ceux qui doivent rendre la ville propre d’être plus efficaces dans le ramassage, l’entretien au quotidien. C’est un vaste sujet, toujours un peu en dents de scie. Mais je ne pense pas que Marseille soit vouée à être sale.

« Quand il manque de poubelles ou qu’elles ne sont pas assez vidées, ça n’aide pas à ce que les gens aient le sens civique. Il faut sanctionner aussi. Et permettre à ceux qui doivent rendre la ville propre d’être plus efficaces dans le ramassage, l’entretien au quotidien. »

Et comment expliquez-vous que les villes périphériques qui sont pourtant elles aussi gérées par la métropole (ex MPM) comme Cassis, Allauch ou Gémenos pour ne citer qu’elles, soient propres ?

C’est une grande ville Marseille. Je pense qu’il y a l’effet aussi de masse, un effet boule de neige entre les gens. Je pense que plutôt que de développer des politiques sécuritaires, on devrait augmenter le nombre d’agents qui signalent les choses. Mais s’il y a des  signalements et que rien n’est fait derrière, les gens se demandent à quoi tout cela sert. Par contre si c’est suivi, ça les encourage à recommencer.

Il faut aussi que chacun soit responsable. Il y a le rôle que doivent jouer les élus et celui que doivent jouer les citoyens, et il faut conjuguer les deux. C’est pour des sujets comme cela par exemple que je parle de 6e république : comment on invente des modes nouveaux de démocratie participative. On est loin d’avoir tout imaginé ! Et on est de toute façon condamnés à moderniser et à rendre plus efficace la vie publique.

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