Les plus grands restaurants marseillais se mobilisent pour les femmes sans emploi

Lancé en 2015, le programme « Des Étoiles et des Femmes » permet à 12 femmes en difficulté des quartiers nord de Marseille d’avoir accès à une formation gratuite en cuisine. Le tout en alternance dans un restaurant gastronomique de la ville sous les ordres de grands chefs marseillais.

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Un an après sa première édition lancée à la rentrée 2015, le programme « Des Étoiles et des Femmes »  est reconduit pour l’année 2016 et accueille 12 nouvelles stagiaires. Toutes ont en commun un parcours de vie difficile dans les quartiers nord de Marseille, sans diplôme ni qualifications à leur actif.

Et pourtant, toutes vont suivre pendant un an une formation qui leur est entièrement financée au lycée hôtelier de Bonneveine (8ème arrondissement) dans l’optique de passer un CAP cuisine au mois de juin prochain. Deux semaines par mois, elles seront en plus en stage dans des restaurants reconnus de la ville à l’instar de l’Intercontinental Hôtel Dieu, le Sofitel ou encore l’Épuisette aux côtés des chefs marseillais de renommée qui dirigent les cuisines.

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Les stagiaires de le deuxième promotion du programme « Des Étoiles et des Femmes » © DR

Plus de 90% de réussite pour la première promotion

En même temps que le lancement de cette deuxième édition du programme, les stagiaires de la première promotion ont reçu leur diplôme. Sur les 12 candidates au CAP cuisine, 11 ont réussi l’examen du premier coup. La douzième l’a réussi à 60% et passera les matières manquantes à la prochaine session. Des résultats qui prouvent l’envie de réussir de ces femmes, l’un des principaux critères qui a compté dans leur sélection. « Le processus de sélection des stagiaires au programme est plutôt innovant car il se fait en lien avec les chefs. Surtout, c’est leur motivation et leur envie qui entrent en jeu », met en avant Sylvie Bancilhon, directrice de la Table de Cana, société organisatrice du programme.

Si les organisateurs sont ravis des résultats des stagiaires au CAP cuisine, ils le sont encore plus de la suite de leur parcours. Dès juillet, soit le mois qui a suivi la fin de la formation, les 3/4 d’entre elles étaient déjà en emploi, en contrat saisonnier, CDD et même CDI. Car six chefs ont embauché leur stagiaire à la suite de l’obtention de leur examen.

« J’ai été bluffé par Afida (l’une des stagiaires, ndlr). Dès qu’elle entre en cuisine, elle n’a peur de rien, comme le matador qui entre dans l’arène ! C’est pourquoi on lui a donné un poste. Elle est désormais cheffe du réfectoire et a à sa charge 100 couverts par jour », confie Dominique Fréard, chef du Sofitel Marseille Vieux-Port.

Parmi les stagiaires, certaines se sont lancées dans le programme « La Boîte à Étoiles » porté par la Fondation d’Auteuil avec comme ambition de créer leur entreprise. Elles bénéficient de semaines de formation et d’accompagnement pour imaginer leur concept. Un concept qu’elles testeront ensuite en grandeur nature pendant six à neuf mois puisqu’elles seront à la tête de leur propre restaurant éphémère.

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Les stagiaires de la première promotion lors de leur remise de diplôme le 10 octobre 2016 à la Préfecture © AP

Un programme qui s’étend à d’autres villes de France

Face au succès de la première édition du programme « Des Étoiles et des Femmes », la Table de Cana a eu envie de développer son concept. D’autres villes de France étaient d’ailleurs intéressées pour le mettre en place. Une première promotion a ainsi débuté dès la rentrée 2016 à Montpellier avec 13 stagiaires et autant de chefs sur le modèle marseillais. Une autre va également peut-être voir le jour l’année prochaine à Bordeaux.

Quant à la deuxième promotion marseillaise, elle se compose toujours de 12 stagiaires, nombre limite d’élèves par classe au lycée hôtelier de Bonneveine. En plus de leur formation gratuite en cuisine, elles sont accompagnées par différents organismes autant sur le plan moral, afin qu’elles ne craquent pas malgré la difficulté du retour à l’école, que sur le plan technique avec des aides à la mobilité ou pour la garde d’enfants.

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