Les chefs d’entreprises marseillais entrent en campagne derrière Fillon et Macron

Ce matin, les dirigeants de l’UPE 13, Johan Bencivenga, son président et Sébastien Didier, son vice président, avaient réuni les journalistes pour un échange sur les objectifs du monde de l’entreprise face aux élections présidentielles et législatives. 

« Les entrepreneurs rentrent en campagne, en vue des présidentielles et des législatives !
Ces élections vont avoir un enjeu particulier, c’est un tournant dans l’histoire » a martelé Johan Bencivenga pour lancer la matinée.

A l’UPE 13, le coeur vacille entre Fillon et Macron

Ce n’est un secret pour personne, les chefs de file du monde entreprenarial local sont derrière les deux « seuls candidats pro entreprises, qui ne représentent malheureusement que 40% des intentions de vote aujourd’hui. C’est d’ailleurs un sujet qui nous préoccupe beaucoup« , explique Johan Bencivenga. « Les candidats qui prônent une baisse des dépenses publiques et plus de liberté d’entreprendre ont compris les enjeux que nous défendons. »

Pour rédiger leur liste d’objectifs, les membres de l’UPE13 ont organisé une série d’ateliers, 10 au total, avec à chaque fois 20 à 30 chefs d’entreprises présents. Les thèmes abordés dans ces ateliers s’articulent autour de 3 sujets : l’Europe, la Dette et l’Emploi. Une restitution des conclusions est prévue le 7 avril prochain.

Au niveau national, le Medef a sorti son « Livre Bleu », mais l’UPE13, veut également mener une démarche locale, car la métropole marseillaise a ses propres problématiques, et parmi elle, la principale pour Johan Bencivenga : l’avenir de l’aéroport Marseille Provence.

La problématique de l’aéroport Marseille Provence : l’UPE 13 s’indigne du rachat des aéroports français par les Chinois

L’avenir de l’aéroport « C’est quelque chose qui va nous mobiliser les prochains mois. On a la chance d’avoir un aéroport et un port, c’est un atout incroyable ! L’Etat va vendre ses actifs en 2018, elle a commencé à Toulouse, Nice et Lyon, ça va arriver à Marseille. Ce qui s’est passé à Toulouse ne nous satisfait pas. Les Chinois ont pris la gouvernance de l’aéroport, avec pour objectif de faire une escale sur les vols entre la Chine et les USA. Cela ne crée aucun impact positif pour l’économie locale, Toulouse va devenir un aéroport de transition » explique un peu contrarié Johan Bencivenga.

Avant de poursuivre sur l’aéroport marseillais : « Notre responsabilité est de connecter notre territoire au reste du monde avec un flux entrant. Il faut que le monde vienne ici, c’est ça qui va créer de l’emploi. Et pour cela, il faut que la direction de l’aéroport soit connectée au territoire. Marseille a les moyens d’attirer les entreprises. Pour résumer : on a du vent, du soleil et de l’eau, on peut être la Silicon Valley du Sud de l’Europe ! Et si on a un investisseur qui ne s’occupe que de ses dividendes et pas du territoire, cela risque d’être catastrophique. »

Il poursuit sa démonstration : « En face, dans les autres aéroports et métropoles du Sud de la France : Lyon est axée économie, mais n’a pas le cadre de vie attractif, et Nice c’est surtout le tourisme et pas forcément l’économie. Marseille, c’est à la fois l’économie et l’attractivité touristique, on a un énorme coup à jouer. »

L’Europe : un enjeu majeur pour l’UPE 13

Sur l’Europe, l’UPE 13 a un avis bien tranché « Nous on dit : Non à plus d’Europe, mais oui à mieux d’Europe. La solution est donc de travailler à bâtir une meilleure Europe ! » explique Johan Bencivenga.

Selon lui, le sujet est trop peu présent dans le débat présidentiel, ou alors quand les candidats en parlent dans les médias, c’est pour en sortir. Les chefs d’entreprises sont très « pro Europe » et en total désaccord « avec les extrêmes qui prônent le repli sur soi. Dans un monde interconnecté, on ne construit pas des murs, mais des passerelles ! » surenchérit Johan Bencivenga.

Dans le cadre de la Dette, autre enjeu des ateliers participatifs menés avec les chefs d’entreprises du territoire, les dirigeants de l’UPE 13 insistent sur la nécessité de faire comme les autres pays du Sud de l’Europe, les pays « Club Med » comme ils le précisent. C’est à dire, réformer la fiscalité à l’instar de l’Espagne, le Portugal, l’Italie et la Grèce.

La révolution des modes de travail : place à une jeunesse en quête de liberté

L’une des pierres angulaires des propositions de l’UPE 13 réside dans la notion de liberté autour de la valeur travail. « La façon de travailler a changé, notamment pour les nouvelles générations. Des études démontrent que les jeunes de la génération Y occuperont 17 emplois au cours de leur vie. Et certains sondages disent qu’un jeune sur deux veut être entrepreneur » précise Johan Bencivenga.

Sébastien Didier de son côté s’est montré hyper enthousiaste sur le potentiel des plus jeunes « C’est incroyable de voir la dynamique des jeunes dans la volonté d’entreprendre, notamment avec le digital ! On voit des jeunes qui veulent créer, qui ont des succès !
Pourquoi ils réussissent ? Parce que dans le monde des startups, tout l’environnement traditionnel n’existe pas. Parce qu’on peut travailler de chez soi et avoir des horaires flexibles« .

Johan Bencivenga se veut plus mesuré « Mais le problème c’est qu’au moment où les jeunes veulent de la liberté d’entreprendre, chaque année, l’Etat ajoute 100 pages au Code du travail ! Nous voulons dire stop, il n’y aura plus de nouvelles normes supplémentaires. »

Avant de poursuivre « On a quand même la chance d’avoir un territoire où il y a une énergie très très développée. 70 startups sont allées au CES de Las Vegas, le plus grand salon consacré aux nouvelles technologies dans le monde. Il y a une effervescence formidable, malgré une législation compliquée.« 

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