Le Marseillais de la semaine est un vrai fada qui nous dévoile ses secrets

humans-of-marseilleMade in Marseille s’associe chaque mercredi à Humans Of Marseille pour vous proposer le portrait du « Marseillais de la semaine » à travers une anecdote insolite ou renversante. Cette semaine, rencontre avec Lefada qui vend des vrais savons de Marseille dans une jolie barque sur le Vieux-Port.


« Je vends des savons sur une barque Marseillaise, la barque Lefada. Une barque labellisée au bateau d’intérêt patrimonial. Ce sont des bateaux que l’on essaie de préserver mais ils disparaissent peu à peu car ils demandent beaucoup d’entretien. Mais rien de mieux qu’une barque traditionnelle pour vendre des savons de Marseille traditionnels : ils sont fabriqués dans l’une des trois savonneries qui fabriquent le savon de Marseille à l’ancienne.

J’ai créé ma marque pour faire connaitre le vrai savon de Marseille, pas celui que l’on importe. Il y a une grosse polémique sur le sujet, parce que la fabrication traditionnelle prend beaucoup de temps donc la plupart sont fait à l’étranger de manière industrielle.
On peut reconnaître le vrai savon de Marseille grâce à quelques indices : un savon emballé n’est pas un vrai savon par exemple, il vient surement de Malaisie. De mon côté, j’espère un jour pouvoir ouvrir une 4ème savonnerie traditionnelle.

Enfin pas exactement comme avant… Les savonneries se trouvaient dans le quartier de Rive neuve à l’époque, et c’était les bagnards, ceux qui étaient aux travaux forcés, qui travaillaient dans les savonneries. Il y avait l’arsenal des galères qui se trouvaient au cours d’Estienne d’Orves, et les savonneries y étaient reliées par des tunnels afin que les forçats aillent aux savonneries sans qu’ils ne soient visibles aux yeux de la population et sans qu’ils ne puissent s’échapper. Heureusement les travaux forcés ne sont plus d’actualité !
Par contre les tunnels existent toujours. Quand j’étais gamin, mon terrain de jeu c’était Notre-Dame de la Garde. Et sous Notre-Dame, il y a des tunnels, qui sont murés de nos jours. Jusqu’au Vieux Port, c’est bourré de tunnels dans lesquels on jouait avec des potes. La plus vieille ville de France renferme pas mal de secrets ! »

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« I sell Soap of Marseille on a traditional bark, a Lefada. It’s a certified boat, a patrimonial interest of the city. We try to protect them but they disappear little by little because they require a lot of maintenance. But there’s nothing better that a traditional boat to sell traditional soaps : they are made in one of the three remaining factories which make them the traditional way.

I created my brand to sell real « Savon de Marseille », not the one we import. There’s a huge controversy on the subject, because the traditional manufacturing takes a lot of time so most of it is made abroad.
We can recognize real soaps with some clues : for instance, a packed soap is not a real one, it comes certainly from Malaisia. I hope to open a 4th traditional soap factory one day. Yet not exactly like in the past …. At the time, it was convicts who worked in soap factories. There lived at the Cours Estienne d’Orves, and went to the factories using tunnels so that they would stay hidden from the eyes of the population and to make sure they couldn’t escape.
Fortunately penal servitude has disappeared ! But those tunnels still exist. When I was a child, I lived near Notre-Dame de la Garde. And under it, the tunnels remain, even if they are walled up now. We used to play in the tunnels between Notre-Dame de la Garde and the Vieux Port.. The oldest city of France is full of secrets ! »

Portrait by : HofM member (Photocéenne)

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